Au cours du deuxième trimestre 2025, TikTok a supprimé près de 19 millions de vidéos dans plusieurs pays du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord (MENA). Cette décision, motivée par le non-respect des règles communautaires de TikTok, illustre la volonté de la plateforme de renforcer son contrôle sur les contenus.
Mais derrière ces chiffres impressionnants, se cache une question plus large, qui concerne aussi l’Afrique francophone : comment cette politique pourrait-elle se répercuter en Afrique francophone, où TikTok connaît une croissance rapide ?
Restrictions sévères là-bas, expansion culturelle ici : le paradoxe TikTok
Entre avril et juin 2025, TikTok a accru ses efforts de modération. Près de 19 millions de vidéos ont été retirées dans des pays comme l’Égypte, l’Irak, le Liban, les Émirats arabes unis, l’Arabie saoudite et le Maroc. Parallèlement, plus de 36 millions de diffusions en direct ont été interrompues à l’échelle mondiale, soit une hausse de 93 % par rapport au trimestre précédent. La suppression de ces vidéos illustre la stratégie de TikTok, qui veut garantir un espace “sûr et positif” en limitant la diffusion de contenus inappropriés ou dangereux.
Tandis qu’en MENA la plateforme renforce sa modération, en Côte d’Ivoire et dans plusieurs pays ouest-africains. TikTok s’impose comme l’un des réseaux sociaux les plus utilisés par les jeunes et est devenu un espace privilégié pour l’expression culturelle. Humour, musique, danse et traditions locales y trouvent une visibilité inédite, au point où les entreprises et institutions commencent, elles aussi, à investir la plateforme pour toucher une audience jeunes connectée et dynamique.
Liberté d’expression : un enjeu pour TikTok en Afrique francophone
Toutefois, ce dynamisme contraste avec l’image d’une plateforme qui, ailleurs, durcit ses règles et supprime massivement des contenus. D’un côté, nous avons donc un réseau qui se présente comme un moteur d’innovation, en lançant des outils d’intelligence artificielle et des applications de montage comme CapCut pour stimuler la créativité. Et d’un autre, un réseau qui s’impose par une modération stricte qui peut être perçue comme une restriction de l’expression.
Ce qui se passe aujourd’hui en MENA pourrait annoncer les discussions de demain en Afrique francophone. La croissance de TikTok est indéniable, mais la question de la modération et de la sécurité des données pourrait devenir centrale. Les créateurs devront composer avec une réalité où la créativité et la régulation coexistent, parfois de manière tendue.
La suppression massive de vidéos en zone MENA n’est pas un simple fait divers numérique. Elle révèle la stratégie globale de TikTok qui gravite autour de la sécurisation de son espace tout en consolidant son image de plateforme créative.
Source : Techafricanews.com




































