Et si le mobile money ne servait pas uniquement à payer des factures, effectuer des achats en ligne ou envoyer de l’argent à des proches ? En 2024, son usage est allé bien au-delà de ces pratiques courantes, comme le révèle le rapport de la GSMA sur l’état de l’industrie de l’argent mobile.
Le crédit
Selon le rapport 2025 de la GSMA sur l’état de l’industrie du mobile money, publié en septembre 2025, le crédit reste le service financier le plus répandu parmi les offres liées au mobile money. Près de 44 % des prestataires interrogés proposaient des produits de crédit à leurs clients. Cette tendance s’explique par le fait que le crédit est souvent considéré comme la première étape pour élargir l’accès à d’autres services financiers au-delà des simples paiements. Entre 2023 et 2024, le nombre de produits de crédit disponibles a progressé de près de 20 %.
Toujours selon cette étude, une grande partie de ces services est proposée en partenariat avec des institutions financières. Comme l’exigent les régulateurs. En 2024, environ 38 % des prestataires ont collaboré avec une banque ou un établissement financier formel. 26 % se sont appuyés sur des partenariats avec des fintechs.
En Afrique subsaharienne, l’usage du crédit via le mobile money a connu une forte progression. Le rapport de la GSMA souligne qu’en Ouganda et au Nigéria, le nombre de clients ayant contracté un prêt par ce biais a augmenté entre 2023 et 2024. L’Éthiopie figure parmi les pays où la croissance est plus marquée.
Un autre exemple est celui de Djamo, une fintech basée en Côte d’Ivoire. En septembre 2025, elle a obtenu un agrément officiel de microfinance délivré par la BCEAO. Ce qui l’autorise à proposer des services tels que le crédit, l’épargne rémunérée et les comptes courants.
L’épargne
En 2024, l’épargne est devenue le deuxième service financier le plus répandu dans l’écosystème du mobile money. C’est ce que l’étude de la GSMA révèle. En un an, la part des prestataires proposant ce type de solution est passée de 23 % à 34 %. Le nombre de clients utilisant leur compte mobile pour mettre de l’argent de côté a bondi de 80 % entre septembre 2023 et juin 2024.
Et dans cette dynamique, l’Afrique subsaharienne tient une place. En Éthiopie, au Nigeria et en Ouganda, le nombre de clients ayant épargné via le mobile money a progressé de plus de vingt points de pourcentage en un an. Le Kenya, déjà pionnier dans ce domaine, enregistre une hausse plus modeste. Ici, le mobile money est perçu comme un outil de sécurité financière. Notamment pour les ménages et les petits entrepreneurs qui n’ont pas accès aux services bancaires traditionnels.
Le rapport de la GSMA met aussi en lumière un autre aspect important. L’épargne via le mobile money bénéficie particulièrement aux femmes. Leur nombre a augmenté de près de 50 % en 2024. Cela nous donne une idée du rôle clé du mobile money dans l’autonomisation économique des femmes africaines.
L’assurance
L’assurance via le mobile money progresse en Afrique, même si elle est peu répandue. Le rapport de la GSMA informe que des pays comme le Kenya, le Nigéria, l’Ouganda, la Tanzanie et l’Égypte se tournent de plus en plus vers cette solution. Par exemple, 19 % des utilisateurs en Tanzanie ont payé une assurance via mobile money.
Les offres d’assurance sont liées à des partenariats entre opérateurs de mobile money et assureurs. Ces partenariats permettent de proposer des produits comme l’assurance décès, hospitalisation ou automobile. En 2024, Airtel Money et M-PESA ont lancé plusieurs produits dans des pays africains comme le Kenya, le Malawi, la Zambie ou le Mozambique. Safaricom, au Kenya, prévoit aussi de proposer des assurances à ses 30 millions de clients.
Aucune donnée spécifique n’a été relevée pour l’Afrique francophone dans le rapport. Cela suggère que l’usage du mobile money pour l’assurance y reste encore limité, et que cette tendance n’a pas émergé dans cette partie du continent.




































