Le Secrétaire général de l’Union africaine des télécommunications (UAT), John Omo, a appelé les dirigeants africains à agir pour garantir l’accès à internet à tous les Africains, y compris ceux qui vivent dans les zones rurales et reculées. C’était, à Abidjan, ce lundi 25 août 2025, lors de la dernière réunion préparatoire de la Conférence mondiale de développement des télécoms (CMDT) qui se tiendra, à Bakou, en Azerbaïdjan, en novembre 2025. Ci-après l’intégralité de son allocution, à l’ouverture des travaux.
Aboutissement de la préparation de la Conférence mondiale de développement des télécoms (CMDT)
« Aujourd’hui, marque l’aboutissement d’un processus préparatoire à l’événement CMDT (Conférence mondiale de développement des télécommunications, à Bakou, en Azerbaïdjan, en novembre 2025). Comme tout le monde le sait, nous avons organisé une autre réunion privée avant cette conférence. Il s’agit donc d’un événement très important pour nous. Notre dernière réunion a débuté à Nairobi, au Kenya, en février 2024 et s’est poursuivie à Winnipeg, au Canada, en juillet dernier.
À Nairobi, nous avons posé les bases, en créant différents groupes de travail pour définir le statut des initiatives régionales, ainsi que la manière dont nous les mettions en œuvre. À Abidjan, nous avons atteint un point culminant de ce parcours. Ce qui n’était, au départ, que des ébauches ou des hypothèses de travail, s’est transformé en un ensemble cohérent de propositions ancrées dans les réalités régionales et façonnées par des mois et des mois de consultations. Chaque proposition que nous avons affinée est le fruit d’une contribution collective régionale, des groupes de travail qui ont testé leurs idées à la lumière d’expériences pratiques.
Afrique : taux d’utilisation d’internet le plus bas au monde (38% de populations connectées)
Les objectifs et le cœur de l’Afrique sont le développement. Le coût de la connectivité reste encore élevé dans certains de nos pays. La qualité des infrastructures reste un obstacle, en particulier dans les zones rurales par rapport aux zones urbaines. Les politiques nécessaires pour attirer les investissements, garantir les droits numériques et faire progresser l’innovation sont encore en cours d’élaboration dans certains de nos pays. Comme nous le savons tous, le continent continue d’enregistrer le taux d’utilisation d’Internet le plus bas au monde, avec seulement 38 % de notre population connectée. Face à un taux de pauvreté mondial de 60 %.
Le fossé est particulièrement accru entre les populations urbaines et rurales. Dans les villes, l’utilisation peut atteindre environ 60 %, tandis que dans les zones rurales, probablement à quelques kilomètres de la ville, le taux de connectivité est aussi bas que 20 %. Et ce n’est pas bon pour nous, en termes de transformation numérique. Nous devons nous ressaisir, nous relever et veiller à étendre l’accès aux zones qui ne sont pas couvertes. C’est pourquoi nos propositions et les différents programmes sur lesquels j’ai travaillé pour vous les présenter sont très ambitieux pour le continent.
Qu’un tiers de nos délégations soient représentées par des femmes
Nous devons insister, au fur et à mesure que nous avançons, et parler des réalités dans nos propres pays, que nos forces, nos initiatives régionales, doivent garantir que nous atteignions des zones qui n’ont pas été atteintes auparavant. La qualité du travail qui nous a été soumis et dont nous sommes prêts à discuter lors de cette réunion est très claire. Je suis convaincu que, grâce à la réglementation, nous affinerons et renforcerons les propositions qui représentent véritablement la valeur de notre région.
Pour conclure, permettez-moi d’ajouter quelque chose qui me tient particulièrement à cœur. Il s’agit du rôle des femmes, en particulier des jeunes femmes, dans ce processus. Nous devons être réfléchis en tant que responsables politiques. Nous encourageons nos femmes, à se joindre à nous afin de garantir qu’elles représentent la voix des femmes dans ce processus. Nous ne pouvons pas laisser la moitié de notre population s’exprimer sans être entendue. J’appelle donc les dirigeants à travailler ensemble, sur un pied d’égalité, afin qu’au moins un tiers de nos délégations soient représentées par des femmes. Nous avons des femmes très talentueuses dans notre processus de travail. Nous devons garantir que les femmes soient à la table des négociations et représentent l’Afrique dans notre processus CMDT-25 ».
Propos recueillis et traduits de l’anglais par Ornella Izaï



































