Au cœur des polémiques sur l’accès aux données du système de vidéo-verbalisation, Quipux Afrique apporte des précisions et rappelle le rôle central de l’État dans sa gouvernance.
Depuis plusieurs semaines, la vidéo-verbalisation en Côte d’Ivoire suscite des interrogations. Un rapport de l’Inspection générale des finances (IGF) a été évoqué dans les médias et sur les réseaux sociaux, certains y voyant une critique directe de Quipux Afrique. Dimanche 8 février, dans l’émission NCI 360, le Directeur général de Quipux, Koné Ibrahim, a tenu à clarifier la situation et à rappeler l’historique de l’entreprise ainsi que les mécanismes de contrôle mis en place.
Qu’est-ce qu’un Système de transport intelligent ?
Créée initialement avec une participation du groupe colombien Quipux SAS, la société est aujourd’hui détenue à 100 % par des capitaux ivoiriens. Sa structure actionnariale se répartit entre l’État de Côte d’Ivoire (49 %) et IBRAMEX Holding (51 %). Cette configuration confère à l’État une place prépondérante dans la gouvernance, renforcée par la présence de deux administrateurs publics au sein du Conseil d’administration.
Dans le cadre du Système de Transport Intelligent (STI), Quipux collecte les amendes générées par la vidéo-verbalisation, prélève le loyer du dispositif, puis reverse la quote-part revenant à l’État. En cas de déficit, l’État complète le solde ; en cas d’excédent, il perçoit les recettes. À cela s’ajoutent des redevances trimestrielles de concession (10 % du chiffre d’affaires hors STI) et une redevance dite de « bonne fortune » tous les 4 ans. Face aux critiques sur l’accès aux données, M. Koné s’explique :
« Dans le souci d’assurer la gouvernance et la transparence, l’État a fait entrer la Société Nationale de Développement Informatique (SNDI) au capital de Quipux à hauteur de 35 %. En 2023, un décret a été pris pour augmenter cette participation. »
Il insiste sur le fait que Quipux est un partenariat public-privé où siègent des représentants de l’État, lesquels disposent de tous les rapports et audits. Concernant le rapport de l’IGF, il a précisé qu’il ne visait pas Quipux mais la Direction générale des transports terrestres et de la circulation (DGTTC).
« Les accusations de manque de transparence sont infondées »
Selon lui, des amalgames ont été faits par certains médias et internautes. Il a ajouté que « Quipux a été auditée trois fois en 2025 et tous les rapports sont entre les mains de l’administration ». Ainsi, les accusations de manque de transparence apparaissent infondées. L’État, actionnaire et régulateur, dispose des moyens de contrôle nécessaires. Les propos du directeur général de Quipux visent à rassurer l’opinion publique et à rétablir la vérité sur un dispositif stratégique pour la sécurité routière.
La vidéo-verbalisation, selon lui, loin d’être un système opaque, s’inscrit dans une logique de partenariat public-privé où l’État conserve un rôle majeur. Les clarifications apportées par Quipux Afrique rappellent que la gouvernance repose sur des mécanismes de contrôle, des audits réguliers et une traçabilité des flux financiers. Les débats récents montrent toutefois l’importance d’une communication continue pour éviter les amalgames et renforcer la confiance des citoyens.
Mathieu Kouamé



































