Entre incompréhensions intergénérationnelles et revendications assumées, la Gen Z semble bien décidée à réinventer le rapport au travail, depuis son smartphone. Mais comment les réseaux sociaux influencent-ils sa manière de repenser le travail ? Cette dynamique trouve-t-elle écho dans la jeunesse ivoirienne ?
Pourquoi la Gen Z rejette le travail et le salariat classique ?
Ils sont jeunes, ils sont connectés, ils bousculent les codes du travail. Sur TikTok, Instagram ou YouTube, la Gen Z s’exprime sans filtre : rejet du salariat classique, quête de sens, valorisation du temps libre… Une révolte douce qui fait florès sur les réseaux sociaux et rebat les cartes des ambitions professionnelles des jeunes à l’ère du numérique. Sur TikTok, les #AntiWork ou #QuietQuitting font le tour du monde. Derrière ces mots-clés, une réalité : la Génération Z ne se contente plus de se divertir en ligne, elle y parle aussi de travail, de fatigue, et de ras-le-bol.
Il y a 8 mois, la chaîne YouTube Amistory publiait une vidéo intitulée : « GEN Z : La génération Anti-travail qui inquiète ». Cette vidéo a fait plus d’1,6 million de vues. Ce que montre la vidéo d’Amistory, c’est que la Gen Z ne rejette pas le travail en soi. Elle rejette plutôt certaines de ses conditions. Certes, ces jeunes veulent travailler, mais pas à n’importe quel prix. Le CDI à vie, les horaires fixes, les bureaux fermés… tout cela semble de moins en moins séduisant. À la place, cette génération cherche de la flexibilité, du sens, et surtout du respect. Elle préfère les projets courts, le télétravail, ou encore l’entrepreneuriat digital. Avec la Gen Z, le but, c’est non seulement de « gagner sa vie », mais aussi de la vivre pleinement.
Le smartphone, de travail, et les plateformes, un terrain d’expression et d’opportunités
Dans la vidéo d’Amistory, les jeunes racontent leur quotidien : horaires trop longs, salaires trop bas, manque de respect… Et ça parle à beaucoup. Ces vidéos, souvent drôles ou piquantes, sont massivement partagées par ceux qui vivent les mêmes expériences. Ici, les réseaux sociaux jouent un rôle clé. Ils exposent des modèles alternatifs : freelances qui travaillent depuis chez eux, créateurs de contenu qui vivent de leurs vidéos, jeunes qui montent leur business en ligne.
Pour beaucoup, le smartphone est un outil de travail à part entière, et les plateformes, un terrain d’expression et d’opportunités. Le smartphone, leur outil central, leur permet, d’abord, de s’exprimer, ensuite, de se former, et enfin de travailler, de vendre, de créer. Le digital devient un environnement professionnel à part entière.
Abidjan suit la tendance
Cependant, si cette tendance est essentiellement visible dans les pays du Nord, elle trouve peu à peu des résonances en Afrique. Notamment chez les jeunes urbains et connectés. A Abidjan, par exemple, il y a de plus en plus de jeunes diplômés, des freelances, des créateurs de contenu, qui utilisent les réseaux pour parler boulot autrement. Ils dénoncent des cadres de travail jugés toxiques, valorisent le travail indépendant, partagent leur quotidien professionnel sans filtre.
Ici aussi, les plateformes TikTok ou LinkedIn sont les principaux espaces de discussion de ce que signifie « travailler » aujourd’hui. Et même si la révolte douce évoquée par Amistory ne prend pas exactement la même forme, elle soulève des questions sur les aspirations locales. Reste à savoir si cette jeunesse connectée, entre aspirations numériques et réalités locales, réussira à dessiner demain un nouveau visage du travail en Côte d’Ivoire. Mais rien n’est moins
