Ces 10 dernières années, l’écosystème numérique ivoirien a crû. Par l’entregent des acteurs du privé et du public, la stratégie nationale s’est traduite par des textes de lois, des projets d’envergure et une vulgarisation des outils numériques. Cette dynamique porte ses fruits, en témoigne le rapport « Fiber Development Index Analysis 2024 » publié par la World Broadband Association (WBBA) et Omdia.
Une croissance annuelle moyenne de 6,2 % des investissements télécoms
Le rapport Fider Development Index Analysis de la WBBA et Omdia salue les avancées de la Côte d’Ivoire en matière de cybersécurité, d’infrastructures et d’innovation. Le pays est un exemple à suivre en Afrique de l’Ouest, selon ses auteurs. Le rapporte note, par ailleurs, une croissance annuelle moyenne de 6,2 % des investissements télécoms en Afrique subsaharienne sur la période 2020-2023, avec la Côte d’Ivoire parmi les locomotives régionales.
La Côte d’Ivoire fait donc partie des rares pays d’Afrique de l’Ouest à maintenir un rythme soutenu d’investissement dans les infrastructures haut débit, entre 2021 et 2023. Cette performance repose sur un partenariat solide entre l’État et les opérateurs privés, dans un environnement réglementaire piloté par l’ARTCI.
Le projet phare reste le backbone national, réseau de fibre optique de plus de 5207 km, déployé pour connecter les centres urbains et les zones rurales. 1500 km sont en cours de construction pour 2025. C’est l’un des 22 objectifs du plan « ANSUT Connect 2025 » de l’agence éponyme pour mettre en exploitation le backbone national (RNHD) et poursuivre sa construction et celle du réseau Last Miles pour la période 2023-2025.
Seules 23 % des zones rurales d’Afrique de l’Ouest couvertes en haut débit
La fracture numérique persiste, nonobstant les efforts, entre les zones urbaines et les campagnes. Abidjan, Yamoussoukro, Bouaké et quelques autres grandes villes du pays voient la vitesse et la qualité de leur connexion s’améliorer.
Les villes moins grandes et moins peuplées restent confrontées à un accès limité, souvent instable. En 2023, la vitesse moyenne de téléchargement en Afrique de l’Ouest atteignait 9,7 Mbps, bien en deçà des standards mondiaux. À peine 23 % des zones rurales d’Afrique de l’Ouest sont couvertes en haut débit, selon le WBBA, contre 43 % en Afrique du Nord.
Plusieurs projets pilotes soutenus par la Banque mondiale et l’AFD (Agence française de développement) sont en cours d’exécution pour réduire cet écart. L’installation d’antennes relais solaires et le déploiement de la 4G dans les zones blanches, notamment. Des initiatives dont l’impact ne peut être mesuré actuellement vu qu’elles sont à leurs premiers pas.
Cybersécurité, la Côte d’Ivoire Tiers 2
S’agissant de cybersécurité, le rapport positionne la Côte d’Ivoire dans la catégorie des pays « Tier 2 ». Celle-ci concerne ceux qui ont adopté une stratégie nationale, mais dont la mise en œuvre reste incomplète.
Depuis 2021, le pays s’aligne sur les standards de la Convention de Malabo de l’Union africaine. Il dispose d’une loi sur la protection des données personnelles, d’un organe de régulation (ARTCI), d’une agence nationale dédiée à la cybersécurité (ANSSI-CI), et participe aux réseaux internationaux comme AFRICERT.
Mais la formation des acteurs publics et privés est insuffisante, la sensibilisation du grand public est limitée, et les normes ISO/IEC 27001 peu appliquées dans les entreprises stratégiques. Le rapport précise aussi que seuls trois pays d’Afrique de l’Ouest – Nigeria, Ghana et Côte d’Ivoire – disposent aujourd’hui d’un cadre juridique complet dans le domaine de la cybersécurité.



































