La connectivité dans les zones rurales mobilise les énergies des opérateurs privés et du gouvernement. Deux entreprises se distinguent sur ce terrain : SES et AMN.
Selon un communiqué officiel publié par l’entreprise spécialisée en service de connectivité par satellite SES, le 11 novembre 2025, plus de 200 sites de télécommunication ont été modernisés en Côte d’Ivoire entre mai et juin 2025. Et cela a permis à plus de 500 000 personnes vivant en zones rurales d’accéder à des services mobiles 2G et 3G fiables. Selon le communiqué, c’est le résultat d’un partenariat avec Africa Mobile Networks (AMN). Il devrait s’ensuivre l’extension de la connectivité numérique dans les régions longtemps restées en marge du réseau.
Internet par satellite : une technologie pensée pour les zones isolées
En Côte d’Ivoire, la fracture numérique reste une réalité pour des millions de citoyens. Le partenariat SES-AMN dont le but est de connecter des zones rurales du pays est une initiative qui vient compléter les efforts du gouvernement sur ce terrain. C’est que, dans ce partenariat, il est établi que la technologie satellitaire de l’entreprise SES alimente les antennes AMN afin qu’elles fonctionnent sans dépendre des infrastructures terrestres, coûteuses ou inaccessibles dans les zones reculées.
Depuis 2022, en Côte d’Ivoire, AMN a déployé plus de 300 antennes-relais. Son objectif est d’atteindre 360 sites d’ici à fin 2025. Les premiers sites 4G sont attendus pour novembre, avec une promesse d’amélioration de l’expérience utilisateur. AMN conçoit ses équipements radio (ARN), compatibles avec les réseaux 2G, 3G, 4G et 5G. Ceux-ci peuvent héberger plusieurs opérateurs télécoms sur une même unité. Cette approche permet de réduire les coûts, de limiter la consommation énergétique, et de mettre à jour les antennes à distance.
Inclusion numérique : des chiffres qui parlent
En outre, un sondage mené auprès de 300 utilisateurs des sites AMN révèle une adoption massive et des usages variés.
- 99 % perçoivent l’arrivée de l’antenne comme un progrès.
- 81 % utilisent le service pour des transactions d’argent mobile.
- 50 % ont reçu une aide financière, dont 76 % via mobile money.
- 42 % s’en servent pour l’éducation, 33 % pour la santé.
Ces chiffres montrent que la connectivité est un levier d’autonomie économique et sociale, en particulier pour les agriculteurs, les commerçants et les familles isolées.
ARTCI, ANSUT, AMN, SES… qui fait quoi pour la Côte d’Ivoire rurale ?
Bien que le gouvernement ivoirien pilote déjà un programme de connectivité rurale à travers le PNCR, l’ARTCI et l’ANSUT, dans le but de relier un peu plus de 500 villages ivoiriens d’ici à fin 2025, le projet que conduisent les entreprises AMN et SES, lui, s’inscrit dans une logique privée et indépendante. En revanche, les objectifs sont similaires : étendre l’accès aux services mobiles dans les zones reculées.
Les deux initiatives, celles du gouvernement et celle de SES-AMN, ne s’opposent pas. Au contraire, elles se déploient en parallèle, chacune avec ses propres technologies, partenaires et modalités d’intervention. Tandis que le programme étatique repose sur des infrastructures terrestres financées par le service universel, AMN mise sur une approche satellitaire, plus adaptée aux zones difficiles d’accès.




































