Depuis le début de l’an 2000, plusieurs ministres se sont succédé à la tête de l’économie numérique de la Côte d’Ivoire, sous des dénominations aussi diverses que variées. Une succession de titulaires et des changements d’intitulés qui sont le reflet des mutations politiques et technologiques dans le pays.
Lia Bi Douayoua (Janvier 2001 – Août 2002) : Début des NTIC

En janvier 2001, Lia Bi Douayoua est nommé ministre de la Communication et des NTIC, dans le premier gouvernement du président Laurent Gbagbo. C’est le ministre qui a inauguré la période où la communication publique et les Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication ont commencé à se mêler dans l’action gouvernementale de la Côte d’Ivoire. Lia Bi Douayoua, né le 2 novembre 1952, était un ancien de Côte d’Ivoire Télécom (1978 à 2001) jusqu’à sa nomination.
Hamed Bakayoko (2003 – 2010) : Consolidation des NTIC
Hamed Bakayoko, né le 8 mars 1965, a été ministre des Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication (NTIC) de la Côte d’Ivoire, de 2003 à 2010 dans les gouvernements de réconciliation nationale qui se sont faits et défaits. Il y est entré, après les accords de Linas-Marcoussis. Son mandat à la tête de ce ministère est marqué par l’essor de la téléphonie mobile et de la régulation des opérateurs télécoms. Le 10 mars 2021, il décède, à 56 ans, alors qu’il est Premier ministre
Houga Bi Gohorey (Mars 2010 – Juin 2011) : Gouvernance internet
En mars 2010, Houga Bi Gohorey prend les rênes du ministère des Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication, dans un contexte politique pré-électorale tendu. Ancien inspecteur général des services de douanes, ancien maire de Sinfra, ancien trésorier de la FIF et du Stella Club d’Abidjan, il a marqué son mandat aux NTIC, seulement un an, en affichant la détermination du gouvernement à développer ce secteur. Il a pris part à des activités liées à la gouvernance de l’internet. Houga Bi Gohorey est décédé le 11 juillet 2016.
Bruno Koné (Juin 2011 – Juillet 2018) : 300-400 milliards FCFA au budget de l’Etat
Né le 6 septembre 1960, Bruno Nabagné Koné devient ministre de la Poste et des Technologies de l’Information et de la Communication le 11 juin 2011. Il y restera jusqu’au 12 janvier 2016. Le 12 janvier 2016, il garde les mêmes attributions, cette fois, sous la dénomination ministre de l’Economie numérique et de la Poste où il siège jusqu’au 9 janvier 2017. Le 11 janvier 2017, il devient ministre de la Communication, de l’Economie numérique et de la Poste. Il quitte définitivement l’économie numérique en juillet 2018. Il est remplacé après 7 ans d’exercice.
Bruno Koné est un ancien de Côte d’Ivoire Télécoms dont il a été le directeur général. Sous lui, le secteur des TIC est devenu un pilier de l’économie ivoirienne par une contribution de 8 à 9% au PIB et 300-400 milliards FCFA au budget de l’Etat. Ce secteur a généré aussi des milliers d’emplois. Il a supervisé le développement des infrastructures numériques et l’amélioration de l’accès à internet. Son long mandat est associé à la modernisation des télécoms et au lancement de projets d’e-gouvernement.
Claude Isaac De (Juillet 2018 – Septembre 2019) : Mobile money, 18 milliards FCFA par jour
Claude Isaac De est ministre de l’Economie numérique et de la Poste le 10 juillet 2018, en remplacement de Bruno Koné. Né le 30 septembre 1965, il hérite de plusieurs chantiers dont la construction du Réseau national haut débit (RNHD) en fibre optique de 7000 Km. La fin des travaux de ce chantier, qui était annoncée fin 2018, devrait permettre de mailler l’ensemble du territoire national. Au moment où il prenait fonction, la Côte d’Ivoire comptait, fin 2017, 17 millions d’abonnements internet. Le mobile money était, quant à lui, crédité de 8,6 millions d’utilisateurs pour plus de 18 milliards FCFA de transaction par jour. Claude Isaac De fait long feu à son poste. Il est déchargé le 4 septembre 2019.
Mamadou Sanogo (Septembre 2019-Avril 2021) : Gestionnaire du COVID-19, télétravail
Mamadou Sanogo qui le remplace occupe le poste de l’Economie numérique et de la Poste dès le 4 septembre 2019. Anciennement ministre de la Construction, du Logement et de l’Urbanisme dans le premier gouvernement du président Ouattara, en 2011, avant d’en être sorti, c’est un retour aux affaires qu’il ne boude pas. C’est lui qui gère la période du COVID-19 qui voit les usages numériques prendre un essor. Il fait la promotion du télétravail pour lutter contre cette pandémie, par le respect des mesures barrières ou de distanciation sociale.
Mamadou Sanogo et ses services développent Teams, une solution permettant d’activer le télétravail à travers des conférences audio-vidéo, le partage et la communication collaborative entre 10 et 10 000 utilisateurs en simultané. Il est enfin, l’un des promoteurs des Assises du Numérique en Côte d’Ivoire dont il a lancé la 2ème édition le 8 octobre 2020 à Seen Hôtel, avant que celles-ci ne se tiennent véritablement du 27 au 29 janvier 2021, à Abidjan. En avril 2021, il est remercié.
Roger Félix Adom (Avril 2021 – Avril 2022) : Numérotation à 10 chiffres et TNT
Roger Félix Adom prend les commandes du ministère de l’Economie numérique, des Télécommunications et de l’Innovation le 6 avril 2021. Ancien directeur général adjoint de la filiale ivoirienne du Groupe Orange, c’est lui qui promet les premières applications et procédures administratives dématérialisées. Toute chose qui s’inscrit dans la continuité de son action lorsqu’il était au ministère chargé de la Modernisation de l’administration et de l’Innovation du service public. La numération de 8 à 10 chiffres, fixe et mobile, l’extinction du signal de la télévision analogique et la migration vers la Télévision numérique terrestre (TNT), sont quelques-unes des actions qui ont marqué son passage dans ce département. Il est sorti en avril 2022.
Amadou Coulibaly (Avril 2022 – Octobre 2023) : En ligne tous responsables
En avril 2022, Amadou Coulibaly est nommé ministre de la Communication et de l’Économie numérique. Ancien de l’Ecole militaire préparatoire technique, (EMPT), il est diplômé de Lettres modernes de l’Ecole normale supérieure d’Abidjan (ENS) et du Centre d’étude et de recherche en communication, (CERCOM) de l’Université de Cocody. Son passage est marqué par une campagne de sensibilisation #enlignetousresponsables destinée à mobiliser la communauté nationale contre les informations non vérifiées sur les réseaux sociaux. En octobre 2023, l’Economie numérique lui est arrachée. Il conserve la Communication.
Ibrahim Kalil Konaté (Octobre 2023-Janvier 2026) : Activiste du digital
Le 17 octobre 2023, Ibrahim Kalil Konaté prend la tête du ministère de la Transition numérique et de la Digitalisation, avec pour mission de piloter les grands chantiers d’infrastructures. Sous sa gouvernance, la Stratégie nationale de l’intelligence artificielle et celle de la gouvernance des données sont adoptées. Les travaux du data center national sont lancés et exécutés à 20%. Ivoire Tech Forum, la Loi Start-up, le Hub Ivoire Tech et de nombreux projets financement des start-ups sont à mettre à son actif. Ancien de l’Institut national supérieur de l’enseignement technique (INSET) de Yamoussoukro, de Petroci, de la SODEMI, Kalil Konaté a été très actif à la Transition numérique et à la Digitalisation par sa passion au point où sa personne se confondait au digital. Son départ a été un déchirement pour certains acteurs de l’économie numérique.
Djibril Ouattara (Depuis le 23 janvier 2026) : Bonne arrivée !
Enfin, depuis le 23 janvier 2026, Djibril Ouattara est le ministre en exercice de la Transition numérique et de l’Innovation technologique. Ancien directeur général de MTN Côte d’Ivoire, ingénieur de l’École nationale supérieure de l’enseignement technique d’Abidjan (ex-INSET de Yamoussoukro), ancien de CEFEB/AFD, IAE Paris 1 Panthéon-Sorbonne, il est également diplômé d’un MBA MIT Sloan School of Management (États-Unis). Son parcours lui confère une expertise technique reconnue dans la conduite de ses affaires ministérielles. Pour tout dire, l’écosystème numérique de la Côte d’Ivoire attend beaucoup de lui.
Ornella Izaï