Dans une décision coup de poing, la Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) vient de frapper la fintech Africa Digital Finance (ADF), connue sous le nom de DigiPay. Suite à une série de manquements graves, ADF est désormais radiée de la liste officielle des émetteurs de monnaie électronique.
Une descente brutale mais justifiée
Le 23 septembre dernier, la BCEAO a fait l’annonce de cette décision lors d’une réunion tenue à Bissau. C’est un virage en épingle pour DigiPay qui évoluait jusque-là sur un marché qui roule à vive allure. La détection des failles dans la gouvernance interne est la raison fondamentale de cette exclusion. En sus, certaines insuffisances dans la gestion des systèmes d’information et le non-respect des normes de lutte contre le blanchiment d’argent. Des éléments accablants qui ont conduit DigiPay à la guillotine, sans détours et sans délai de grâce. Le résultat est donc la suspension des services.
Un signal d’alarme pour le secteur
Pour les utilisateurs de DigiPay, l’impact est bien réel. La suspension signifie non seulement l’arrêt de plusieurs services, mais aussi une potentielle migration des comptes clients vers des plateformes conformes aux régulations en vigueur. En élevant ses standards de conformité, la BCEAO envoie un signal clair aux fintechs. Les entreprises doivent innover certes, mais aussi garantir une solidité organisationnelle et une transparence à toute épreuve.
Pour la Côte d’Ivoire, dont le secteur financier numérique évolue bien, ce cas d’école rappelle que le succès des fintechs repose tout autant sur leur capacité à respecter les cadres réglementaires que sur leur faculté d’innovation.
James Kadié




































