Le 5 février 2026, un panel organisé par Digital Africa et Data 354 à Abidjan, lors du programme AI4Startups, a rassemblé des experts pour débattre de l’avenir du partage des données. Stéphane Kounandi Coulibaly, directeur de l’innovation, des startups et du secteur privé au ministère de la Transition numérique et de l’Innovation technologique, était l’un des invités.
Encadrer les échanges de données entre public et privé
Au dire de Stéphane Kounandy, le partage des données couvre une grande variété d’informations : données publiques, privées, issues de secteurs comme la santé, l’administration ou l’économie. Celles-ci peuvent être sous forme de texte, d’audio, de vidéo et dans toutes les langues. Et lorsqu’une organisation accepte de partager ses données, elle s’appuie, pour le moment, sur un cadre légal qui la protège si ces informations sont mal utilisées. Le directeur des startups et du secteur privé poursuit :
« Mais dans le cadre de la Stratégie nationale de gouvernance des données, avoir une agence qui va gouverner tous ces rapports publics-privés, tous ces partages de données, la valorisation de ces données et aussi le volet légal ». Elle devra aussi développer des compétences spécifiques pour identifier les risques, proposer des protections supplémentaires et accompagner les entreprises au‑delà des obligations légales.

Des données utiles pour un impact réel
Pour créer de la valeur, il faut organiser un véritable marché des données, où chaque information a un prix lié à sa rareté, à son impact et à son utilité. Cela commence déjà à émerger avec des projets comme la Case Agri, qui réfléchissent à la valorisation des données agricoles. L’idée est de l’étendre à d’autres secteurs pour que les données produites sur le continent deviennent une ressource économique à part entière, et non un simple don gratuit à l’étranger.
Il ne suffit pas d’avoir des données. Elles doivent également être utilisables, transformées en solutions concrètes, ayant un impact économique et social. Cela demande d’investir dans les compétences, de soutenir les startups. « Si l’obtention de ces données permet de pouvoir créer des solutions qui a fort impact économique et social, là, les données deviennent importantes et centrales et stratégiques », dit-il.
data.gouv.ci, une plateforme pour partager et exploiter les données
Existe-t-il une plateforme de partage des données opérationnelle en Côte d’Ivoire ? Oui et c’est le portail data.gouv.ci. La plateforme met à disposition un large éventail de données issues de secteurs variés tels que l’économie, la santé, l’éducation, l’énergie, la sécurité ou encore l’emploi. Chercheurs, entreprises, institutions publiques et citoyens y trouvent une ressource précieuse pour stimuler la créativité.
En rendant ces donnes accessibles à tous, gouv.ci souhaite renforcer la confiance entre l’État et les citoyens, tout en ouvrant la voie à de nouvelles solutions technologiques et sociales. A l’image de gouv.ci, d’autres initiatives sont en cours et seront bientôt déployées, indique le directeur de l’innovation. Le but est de construire un écosystème numérique dynamique, capable de générer un impact réel sur le développement économique et social du pays.



































