La Côte d’Ivoire veut devenir un hub digital africain d’excellence et se hisser sur la plus haute marche du podium continental. C’est intégré dans tous les « logiciels » : dans les discours officiels, les plaidoyers et même dans des PowerPoint de charme où les animations tournent plus vite que la fibre optique. Le pays veut digitaliser tout ce qui bouge : entreprises, services, industries, éducation… et pourquoi pas les vendeuses d’attiéké et les vendeurs de café connectés ?
Mais voilà. Pendant qu’on rêve de start-up nation, une question se promène discrètement dans le cloud : qui forme ceux qui doivent former les autres ? Parce qu’entre deux conférences, quatre séminaires et six ateliers de formation sur la « transformation numérique », « l’inclusion », on découvre qu’il manque cruellement… des formateurs de formateurs. Certes, tout le monde veut apprendre le code, en formation initiale ou continue, mais personne ne sait vraiment où brancher la prise.
Pendant que les jeunes s’arrachent des certificats en ligne type Google Digital Skills, certains établissements forment encore au « digital » avec des tableaux à la craie. Ironie du sort : la révolution numérique avance parfois à la vitesse d’un téléchargement grippé à l’intérieur du pays, ou d’un jour de grosse pluie… Pourtant, il y a de l’énergie, de la créativité, du génie local ! Ce qu’il manque, c’est un plan solide pour former celles et ceux qui transmettront les bons gestes et les bons clics.
Une école nationale des formateurs du digital, par exemple, ou au moins une vraie stratégie pour que le mot « numérique » ne soit pas qu’un slogan en 3D sur une affiche poussiéreuse. En attendant, la Côte d’Ivoire avance courageusement vers son futur connecté. Lentement. Très lentement. Mais, comme le dit l’adage moderne : mieux vaut une souris qui clique tard qu’un pays qui bug à jamais… en miaulant.



































