Le ministère ivoirien de la Transition numérique et de la Digitalisation a déployé, en 2025, 7 grands projets. Olivier Avoa, directeur de la transformation numérique et de la digitalisation, est revenu sur ces réalisations, à la cérémonie de lancement de l’African Digital Week, ce jeudi 15 janvier 2026, à la Maison de l’entreprise, au Plateau, à Abidjan.
Début des travaux du Data Center National

Les travaux du Data Center National, précédemment prévus dans la cour de l’AIGF, à Marcory-Anoumanbo, ont été délocalisés au VITIB de Grand-Bassam. Il s’agit d’une infrastructure de niveau tiers 3 qui permettra d’héberger les données sensibles de l’État de Côte d’Ivoire et celles de certaines entreprises privées. Selon des estimations, 10% des données africaines sont stockées sur le continent. Pour le ministre de la Transition numérique et de la Digitalisation, Khalil Konaté, le datacenter national devrait servir de catalyseur à l’innovation en Côte d’Ivoire.
En août 2025, l’Ambassade des États-Unis a annoncé qu’EXIM Bank, une banque des Etats-Unis, avait approuvé un financement de 66 millions de dollars, soit près de 40 milliards FCFA, sous forme de prêt pour la construction de ce datacenter. Ce financement acquis, les travaux sur le site du VITIB s’accélèrent.
Le Réseau National Haut Débit (RNHD)

L’aménagement numérique du territoire se poursuit avec le déploiement du Réseau National Haut Débit (RNHD), en 2025. Piloté par l’Agence nationale du service universel des télécommunications (ANSUT), ce projet a pour objet d’interconnecter les infrastructures publiques telles que les mairies, les hôpitaux et les universités, afin de faciliter l’accès aux services numériques, partout et à tous.
En supportant l’implémentation des réseaux 3G et 4G, le RNHD réduit la fracture numérique. Il améliore la couverture mobile dans les zones rurales et les villes de l’intérieur du pays. Avec un maillage de 7000 kilomètres de fibre optique déployés dans le pays, ce réseau garantit un avenir numérique inclusif à la nation.
Stratégie Nationale de l’Intelligence Artificielle

La Côte d’Ivoire a officialisé sa feuille de route pour l’avenir technologique en adoptant sa Stratégie nationale de l’intelligence artificielle et de la gouvernance des données. C’était en mars 2025. Cette stratégie, désormais prête à être intégrée au Plan national de développement, est structurée autour de trois piliers. Selon Stéphane Kounandi, directeur de l’innovation, des startups et du secteur privé au ministère de la Transition numérique et de la Digitalisation, le premier pilier, c’est l’investissement dans les compétences. Il s’agit de développer les compétences locales en IA et de construire les infrastructures nécessaires, comme des data centers et des clouds souverains. Le deuxième pilier, c’est l’inclusion où l’on veillera à une répartition juste des avantages de l’IA dans les régions mais aussi dans les couches sociales et tous les secteurs économiques.
Le troisième pilier porte sur la gouvernance. Il s’agit d’établir un cadre juridique et éthique solide pour encadrer le développement et l’usage de l’intelligence artificielle. La mise en œuvre de ce plan a déjà commencé. Elle prévoit, dans un premier temps, la création d’un Comité national de l’IA, d’un hub dédié à la recherche et au développement, ainsi que d’un incubateur pour les startups du secteur.
Une première application est en cours dans le domaine agricole. L’atelier « La Case Agri », organisé en partenariat avec le ministère de l’Agriculture les 3 et 12 juin 2025, allait dans ce sens. Le but : développer des solutions numériques basées sur l’IA pour moderniser ce secteur qui joue un rôle clé dans l’économie ivoirienne.
Stratégie de la gouvernance des données

La Stratégie nationale de la gouvernance des données est le second volet de la feuille de route de la Stratégie nationale de l’intelligence artificielle adoptée en mars 2025. Elle vise à créer de la confiance autour des données ivoiriennes. Et elle repose sur l’infrastructure de data centers nationaux et le renforcement de la connectivité. Sans oublier l’interopérabilité des ressources numériques afin que celles-ci puissent communiquer entre elles et que les données soient valorisées de manière cohérente.
Cette stratégie prend en compte la formation des jeunes aux métiers émergents. Au total, 70 structures publiques et privées ont été consultées et près de 1500 personnes, y compris la diaspora via des questionnaires en ligne, ont contribué à son élaboration.
PARAE

Inauguré par le Premier ministre Robert Beugré Mambé en mars 2025, le PARAE (Projet d’appui au renforcement de l’administration électronique) bénéficie d’un financement de 49,2 milliards FCFA de la Banque africaine de développement, complété par une contribution nationale de 10,5 milliards FCFA. L’objectif est de moderniser les services publics pour les rendre plus accessibles, efficaces et transparents.
Rokia Fofana, directrice de cabinet adjointe du ministère de la Transition numérique et de la Digitalisation, explique :
« Le PARAE vise à offrir un accès simplifié aux services publics, à réduire les délais et les coûts administratifs. Il s’agit de construire une administration plus agile, réactive et proche des usagers (citoyens, entreprises ou agents de l’État) ».
Le coordonnateur est Sanogo Bassimorifou. À la fin du projet, chaque citoyen devrait disposer d’une identité numérique sécurisée pour accéder à l’ensemble des services publics en ligne.
Plateforme d’interopérabilité de l’administration publique

Le ministre Ibrahim Kalil Konaté a officiellement lancé, le 25 septembre 2025, à Abidjan, la plateforme d’interopérabilité de l’administration publique. La finalité du projet est d’interconnecter les bases de données des différentes institutions ivoiriennes pour permettre des échanges d’informations en temps réel.
Le gouvernement ivoirien souhaite transformer le service public d’ici à 2030, en réduisant l’usage du papier au profit du numérique.
Pour un coût initial de 500 millions FCFA, le projet débute par une phase pilote impliquant 12 organisations comme la Direction générale des impôts, la CNPS et l’ONECI. Ces sociétés d’Etat testeront cette plateforme afin de simplifier les démarches administratives.
Hub Ivoire Tech

Le Hub Ivoire Tech a été inauguré le 11 décembre 2025 à Abidjan. Installé sur deux étages à l’immeuble Postel 2001, ce nouvel espace a pour mission de fédérer, d’accélérer et d’accompagner la croissance des startups locales. Selon sa directrice des opérations, Ama Ouattara, l’objectif est de libérer le potentiel des jeunes Ivoiriens et de les rendre compétitifs à l’échelle régionale et continentale.
Démocratiser l’innovation et en faire une « langue vivante » accessible à tous, c’est la vocation de ce hub, au dire d’Ama Ouattara. Il s’agit de créer les conditions pour qu’un jeune innovateur ivoirien rivalise avec ses homologues du Nigeria ou d’Afrique du Sud.
Pour y parvenir, le hub s’appuie sur un vaste réseau composé de partenaires, d’acteurs privés, publics et internationaux. Le Hub Ivoire Tech propose un dispositif complet d’accompagnement en collaboration avec ses partenaires CEPICI, OIPI et des fonds d’investissement internationaux.



































