L’État ivoirien veut renforcer sa souveraineté numérique et créer un environnement propice à l’adoption de solutions digitales. Mais, cela a un coût. Et il s’emploie à trouver les financements nécessaires auprès de bailleurs internationaux.
Equipementiers choisis : Cybastion, CISCO, AWS, Motorola Services et Microsoft
Le 14 août 2025, la Banque américaine d’import-export (EXIM Bank) a approuvé un financement de 47 millions de dollars, soit plus de 26 milliards FCFA destiné à la digitalisation du ministère ivoirien du Commerce et de l’Industrie. La digitalisation de ce département se fera sous forme d’acquisition d’équipements numériques de pointe. Dans l’accord de financement, l’entreprise américaine Cybastion Institute of Technology est chargé de déployer ces équipements.
Pour ce faire, elle va collaborer avec d’autres entreprises internationales de la tech dont Cisco, Amazon Web Services (AWS), Motorola Solutions et Microsoft. Cette synergie entre les entreprises publiques et les entreprises privées internationales est, ainsi, au service de la modernisation l’administration ivoirienne. Elle participe aussi au renforcement l’écosystème technologique local.
Soutenir la numérisation de la Côte d’Ivoire pour contrer la Chine
Le financement obtenu par le Commerce et l’Industrie auprès des Américains s’inscrit dans le cadre du Programme pour les exportations transformationnelles mis en place par les Etats-Unis. Ce programme a pour mission de freiner l’influence croissante de la Chine en Afrique, notamment dans le domaine numérique, où Pékin a multiplié les projets de connectivité, de cybersécurité et d’infrastructures.
« Soutenir la numérisation du ministère du Commerce et de l’Industrie ivoirien renforce l’engagement d’EXIM à contrer l’influence croissante de la RPC (ndlr République Populaire de Chine) », déclare James Cruse, président par intérim du conseil d’administration de la Banque d’import-export des États-Unis. Et il précise : « En approuvant la transaction d’aujourd’hui (14 août 2025, Ndlr), nous soutenons une centaine d’emplois et contribuons à contrer l’influence de la RPC (Chine) en renforçant et en sécurisant nos chaînes d’approvisionnement ».
La Chine, premier fournisseurs d’équipements tech de la Côte d’Ivoire
Selon des données du confrère Sika Finance, la Chine est, en 2024, le premier fournisseur de la Côte d’Ivoire, avec 2,74 milliards USD de biens exportés vers Abidjan, loin devant les États-Unis, dont les exportations se sont élevées à 850 millions USD sur la même période. De plus, le financement américain de la digitalisation du ministère du Commerce et de l’Industrie intervient dans un contexte où les relations commerciales restent marquées par des tensions. Les exportations ivoiriennes vers les États-Unis sont soumises en effet à une surtaxe de 15 %, mise en place sous l’administration de Donald Trump et toujours en vigueur.
Il n’en demeure pas moins qu’au-delà des enjeux géopolitiques, ce partenariat témoigne de la montée en puissance de la Côte d’Ivoire comme acteur technologique en Afrique de l’Ouest. Les dirigeants ivoiriens n’ont, d’ailleurs, jamais caché leurs intentions. Celles de faire de leur pays, la Côte d’Ivoire, un hub technologique régional, capable d’attirer des investissements nationaux et internationaux, de former des talents locaux et d’améliorer l’efficacité de son administration.



































