Ces lignes ne suffiraient pas à retranscrire le cours magistral que Pr. Adama Konaté a donné sur l’intelligence artificielle et la transition numérique. Toutefois, elles suffisent pour avoir une compréhension élémentaire de ces technologies qui occupent l’espace des forums et panels.
Pr. Adama Konaté, directeur général de l’Ecole supérieure africaine des TIC (ESATIC) d’Abidjan, a donné une conférence publique ce mardi 5 août 2025, au Centre d’éducation à distance de Côte d’Ivoire (CED-CI). Organisée par le ministère de la Fonction publique et de Modernisation de l’administration, la conférence portait sur le thème : « L’intelligence artificielle au service de la transformation numérique ». Deux définitions de compréhension.
Brève historique de l’IA
D’abord l’intelligence artificielle. Selon Pr. Konaté, c’est un ensemble de technologies qui permettent à des machines ou à des logiciels d’imiter des capacités humaines comme apprendre, raisonner, résoudre des problèmes et prendre des décisions.
« Avec l’IA, on peut, par exemple, reconnaître un visage sur un smartphone, si on lui a donné cette intelligence », a-t-il expliqué.
Technologie très ancienne, l’IA a évolué pour prendre la forme qu’on lui connait. Dans les années 50 à 80, elle était désignée IA symbolique. Entre 80 et 2010, est apparue la machine learning avec des algorithmes tels que les réseaux de neurones. L’IA a alors acquis la capacité d’apprendre et de s’adapter à partir de données.
De 2010 à 2020, le deep learning a suivi avec les réseaux de neurones à plusieurs couches permettant de traiter de grandes quantités de données pour accomplir des tâches complexes. Enfin, l’IA générative ou IA généralisée à partir de 2020 qui utilise les modèles pour créer du contenu texte, images, musique et bien d’autres choses.
Rapport IA-données
« Mais, il faut savoir que l’IA et les données sont intrinsèquement liées. L’IA, en tant que système capable d’imiter l’intelligence humaine, a besoin de données pour apprendre, raisonner, prendre des décisions. En informatique, les données sont des informations représentées de manière structurée pour être traitées par un ordinateur. Elles peuvent être des chiffres, des lettres, des symboles, des images, des sons, etc. Elles sont stockées sous forme de fichiers ou de bases de données », explique Pr. Adama Konaté
Quelles sont ces données ? « Si on est à ESATIC, on trouve des étudiants. Les données là-bas, ça peut être les noms, les prénoms, les noms des parents, les numéros de téléphone, les adresses électroniques, les notes en mathématique, en physique, en anglais, en français, en IA, bref dans toutes les matières. Pour assurer le traitement de ces données, on ne peut pas mettre tout ça en vrac. Il faut que je crée des colonnes pour avoir les notes de mathématiques que je vais organiser pour la première année, pour le premier semestre, que j’aie aussi les notes de deuxième année, ainsi de suite », éclaire le directeur général de l’ESATIC. Et il ajoute :
« Le jour où je dis : Cherchez-moi les étudiants intelligents ou les étudiants dont les moyennes sont inférieures à 10 dans une matière, tout de suite, l’IA va chercher et me dresse la liste parce que c’est bien structuré. C’est comme dans une maison. Le couteau et la cuisinière sont à la cuisine, les draps dans la chambre, etc. Donc, si on dit à l’IA de chercher un couteau, sa première réaction, c’est de se rendre dans la cuisine. C’est cette intelligence, cette fonction mathématique qu’on transmet à l’IA qui lui permet d’aller chercher l’information, et de revenir l’animer pour qu’on puisse avoir un système qui fait semblant de réfléchir comme l’être humain ».
Transformation numérique et ses trois piliers
Deuxième définition : la transformation numérique. Suivons le cours du Pr. Adama Konaté. Il s’agit du processus qu’une organisation applique pour intégrer la technologie dans son fonctionnement.
« Prenons la mairie de Saïoua, elle passe du guichet papier à un portail en ligne interactif pour délivrer les actes de naissance. C’est la transformation numérique. Vous comprenez ? On change les équipements, on fait en sorte que la version papier disparaisse pour laisser la place à l’ordinateur avec des signatures électroniques approuvées. »
La transformation numérique comprend trois piliers. D’abord, la technologie : les outils, les câbles, les ordinateurs, l’IA, la cybersécurité, etc. Ensuite, la culture et les acteurs, c’est-à-dire les hommes, la culture du changement, le soutien de la direction, la collaboration entre cadres, l’engagement des hommes à changer, la définition des rôles, la formation. Enfin, l’organisation, et l’ensemble des processus de gouvernance, les lignes directrices, les mesures, les normes, le flux de travail, les bonnes pratiques.
Il faut ces trois blocs pour réussir la transformation numérique, prévient Pr. Adama Konaté. Nuance : la transformation digitale, quant à elle, englobe une vision plus large, impliquant une refonte complète des modèles d’affaires, des stratégies et de la culture d’une organisation à l’ère numérique, avec un accent sur l’expérience client et l’innovation. La suite à venir…
