Alors que les autorités ivoiriennes multiplient les appels à la responsabilité sur les réseaux sociaux, certains internautes continuent d’ignorer ces avertissements. C’est le cas de T.B.J., un jeune homme récemment interpellé pour avoir tenu des propos injurieux à l’encontre du procureur de la République de Côte d’Ivoire sur Facebook.
L’injure facile sur Facebook est désormais passible de poursuite judiciaire
Dans un communiqué publié le lundi 21 juillet 2025 sur ladite plateforme, le procureur près le Tribunal de première instance d’Abidjan, le magistrat hors hiérarchie Koné Braman, mettait clairement en garde la population contre les dérives verbales en ligne. Il appelait à une prise de conscience collective quant aux conséquences juridiques et morales des propos tenus sur Internet. Et c’est sous ce post que T.B.J. a jugé idéal de divulguer des propos injurieux envers cette haute instance du pays dans un commentaire.
« Celui ils ont coupé sa tête en 2020, pourquoi jusqu’à présent le procureur n’a rien dit sur le sujet ou lui ne mérite pas justice ! Allez dire au procureur qu’on dit son babiere matin midi et soir au carré », a-t-il indiqué. Ce commentaire, en plus d’être injurieux, sous-entendait une inactivité des services juridiques ivoiriens dans une ancienne affaire, selon l’auteur.
Perçu par de nombreux internautes comme insultant et diffamatoire, il a été signalé. Alertée par ces nombreux signalements, la PLCC, avec l’appui technique de l’ANSSI, a pu identifier l’auteur du commentaire. Interrogé par les enquêteurs, T.B.J. a déclaré avoir voulu attirer l’attention sur une affaire datant de 2020, non élucidée selon lui. Toutefois, la PLCC a tenu à rappeler dans un commentaire que cette affaire avait bel et bien été élucidée, et que les individus impliqués avaient été arrêtés.
L’ANSSI sévit contre la cybercriminalité
Interpellé, T.B.J. a présenté ses excuses aux autorités publiques, mais la loi est la loi, et conformément aux mots du Procureur : « ni le repentir, du reste toujours tardif, ni la demande de pardon n’ont un effet sur la réalité des infractions, et ne sauraient, en conséquence, soustraire leurs auteurs de la rigueur de la loi ». Cela dit, le coupable a été déféré devant le Parquet pour injures publiques et diffusion de fausses informations via Internet, conformément aux articles 60 et 65 de la loi n°2013-451 du 19 juin 2013 relative à la lutte contre la cybercriminalité.
Cette affaire vient rappeler, une fois de plus, que les réseaux sociaux ne sont pas une zone de non-droit. La liberté d’expression, bien que garantie, ne dispense pas de respecter les institutions ni d’éviter la propagation de fausses informations. Les autorités ivoiriennes entendent désormais renforcer la lutte contre les dérives en ligne, et faire de la loi un levier de responsabilisation pour chaque citoyen du numérique.
Ornella Izaï


































