Le rapport « Géographie des cryptomonnaies » de Chainalysis donne, entre autres, les tendances de l’adoption des cryptomonnaies, à travers le monde, y compris en Afrique. Les chiffres révélés, indiquent que les actifs numériques prennent une place dans le système financier africain. Des pays tels que le Nigeria et l’Afrique du Sud, se démarquent en 2025. Qu’est ce qui leur a permis de tirer leur épingle du jeu? Des éléments de réponse dans la suite !
Le Nigéria et l’Afrique du Sud, de bons exemples à suivre
D’après les informations contenues dans l’étude « Géographie des cryptomonnaies » de Chainalysis, le Nigéria et l’Afrique du Sud sont les deux plus grands marchés du continent en termes de cryptomonnaie. Dans ces pays, les stablecoins sont généralement utilisés pour des transactions de grande valeur. Ces échanges concernent le commerce entre l’Afrique, le Moyen-Orient et l’Asie. On relève des transferts de plusieurs millions de dollars en stablecoins, effectués régulièrement.
Le Nigeria, sur les 12 derniers mois, a enregistré plus de 92,1 milliards de dollars de valeur, soit presque trois fois plus que l’Afrique du Sud, qui arrive en deuxième position. La force du Nigéria réside dans plusieurs facteurs : une population nombreuse, une jeunesse tournée vers la technologie, mais aussi des difficultés à obtenir des devises étrangères. Les stablecoins apparaissent comme une solution attractive.
L’Afrique du Sud, elle, se démarque, grâce à un cadre réglementaire avancé. Cela a permis de créer un marché des cryptomonnaies plus institutionnel. Le pays compte déjà des centaines de prestataires agréés, qui apportent la sécurité nécessaire aux acteurs financiers pour s’engager sérieusement. Par exemple, Absa Bank travaille sur des solutions avancées destinées aux clients institutionnels. Résultat : le marché enregistre de nombreuses transactions de grande valeur, souvent liées à des stratégies de trading telles que l’arbitrage.
Le Bitcoin domine
Parmi les achats de cryptomonnaies en monnaie fiduciaire en Afrique subsaharienne, une tendance se révèle : le Bitcoin est en tête de liste. Au Nigéria, il représente 89 % des achats, et en Afrique du Sud 74 %. C’est bien plus que la part de 51 % observée pour les achats, réalisés en dollars américains.
Cela montre que, dans la région, le Bitcoin est vu non seulement comme une réserve de valeur, mais aussi comme le principal moyen d’entrer dans l’univers des cryptomonnaies.
Au Nigéria, l’accès au dollar est contrôlé et l’inflation reste élevée. Le Bitcoin devient alors une protection financière reconnue et un outil d’épargne alternatif. Les citoyens s’appuient sur les plateformes d’échange pour obtenir des devises étrangères, payer ou épargner de manière informelle. En Afrique du Sud, la part élevée de XRP et d’ETH suggère un profil d’utilisateurs différent. Des investisseurs qui ont accès à des plateformes centralisées et qui disposent de portefeuilles plus diversifiés.
Pour rappel, XRP et ETH (Ethereum) sont des cryptomonnaies au même titre que le Bitcoin. Du Nigéria, qui utilise les cryptomonnaies pour répondre à la dévaluation de sa monnaie, à l’Afrique du Sud, qui adopte une approche réglementaire avancée, l’Afrique met en évidence le rôle déterminant des actifs numériques dans son système. En plus d’être vus comme un placement alternatif, le Bitcoin et les stablecoins sont devenus des solutions tangibles face à de grands défis : se protéger contre l’inflation, faciliter le commerce entre pays et offrir des services financiers là où les banques traditionnelles sont limitées.
M. Gassama
Source : chainalysis.com (Le rapport « Géographie des cryptomonnaies)



































