Ce n’est pas parce qu’un transfert d’argent surprise atterrit sur votre compte mobile money qu’il vous appartient. En Côte d’Ivoire, profiter d’un transfert par erreur peut virer au cauchemar judiciaire. M. BBC peut en témoigner.
Les erreurs de transfert d’argent via mobile money sont monnaie courante. Mauvaise manipulation, numéros mal enregistrés ou simple inattention, les causes sont multiples. Conscients de cette réalité, les opérateurs télécoms et mobile money mettent sur pied plusieurs mécanismes de réclamation. Mais parfois, cela ne suffit pas.
Les moyens technologiques de la PLCC pour démasquer les arnaqueurs
L’affaire du jour met en lumière un cas emblématique. Un usager, Monsieur D.I., effectue par erreur un transfert de 160 000 FCFA à un inconnu identifié comme BBC. Ce dernier, bien qu’ayant été contacté peu après par l’expéditeur pour lui signifier qu’il a effectué un transfert d’argent par erreur, refuse de décrocher ses appels. Il déconnecte même sa puce au réseau, preuve qu’il n’a nullement l’intention de restituer les fonds indument encaissés. Au contraire, il se la coule douce avec.
Face à cette situation, DI se rend dans une agence de son operateur pour signaler le problème. Grande est sa déception lorsqu’il apprend que l’argent a déjà été retiré et qu’il est impossible pour l’équipe technique de lui venir en aide. D.I. se tourne alors vers la Plateforme de lutte contre la cybercriminalité (PLCC). Celle-ci ouvre une enquête avec l’aide de l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI). Grâce à ses moyens technologiques de pointe, le détenteur du numéro est identifié. Mieux, les services de police le mettent aux arrêts.
Dépenser l’argent d’une erreur de transfert peut coûter la prison
Interrogé, BBC reconnaît les faits, tout en affirmant ignorer qu’il s’agissait d’un acte passible de sanctions judiciaires. Il en apprendra davantage de la loi devant le procureur de la République de Côte d’Ivoire puisqu’il a été déféré devant le parquet pour usage frauduleux de fonds, sur la base des articles 4, 6 et 26 de la loi n°2013-451 relative à la cybercriminalité, ainsi que des articles 457 et 471 du Code pénal.
Avec la généralisation du mobile money, les erreurs de transfert sont fréquentes. Mais attention, en profiter, même par ignorance, peut coûter cher. Le cas de BBC doit servir d’exemple à tous les usagers. Si vous recevez de l’argent par erreur, restituez-le immédiatement. Mieux vaut perdre une somme d’argent que sa liberté.
Ornella Izaï




































