Dans le dernier numéro du bimensuel ARTCI Infos d’octobre 2024, le gendarme des télécoms en Côte d’Ivoire, l’ARTCI, fait un gros plan sur l’état de la cybercriminalité et de la cybersécurité dans le pays. L’ARTCI, elle-même, se fonde sur des rapports de spécialistes extérieurs en cybersécurité.
La revue bimensuelle ARTCI Infos de l’Autorité de régulation des télécommunications/TIC (ARTCI), en se fondant sur des rapports d’entités extérieures, dresse un état des lieux de la cybersécurité en Côte d’Ivoire ou plutôt de la cybercriminalité. Il s’agit de « Baromètre sur la maturité des entreprises en matière de cybersécurité en Côte d’Ivoire en 2024 » de Kaspersky et « Chantiers de la lutte contre la cybercriminalité en Côte d’Ivoire » de Vladimir Aman, expert en cybersécurité et chef du CERT ivoirien.
Cybercriminalité : 5,5 milliards FCFA de préjudice par an
Sur la base du rapport 2024 de Kaspersky, le bimensuelle ARTCI Infos révèle que sur un échantillon de 315 entreprises enquêtées dans trois villes, 58 % d’entre elles s’inscrivent dans un processus de cybersécurité. Toutefois, « le niveau de vigilance et les bonnes pratiques visant à garantir une utilisation sereine et optimale des appareils numériques laissent à désirer ». Cette négligence coûte, selon ARTCI Infos, « 5,5 milliards de FCFA de préjudices annuels », somme de toutes les infractions commises contre des individus ou des organisations via internet.
Le rapport « Chantiers de la lutte contre la cybercriminalité en Côte d’Ivoire », cité, donne des détails : « Entre 2009 et 2022, le préjudice financier direct déclaré à la PLCC et au CI-CERT s’élève à un peu plus de 65 milliards FCFA, soit un préjudice avoisinant les 5,5 milliards FCFA en moyenne par an ». Il ajoute que les banques sont les cibles de choix, avec un préjudice financier direct des cyber-infractions s’élevant à plus de 5 milliards de FCFA entre 2020 et 2023. Cela représente plus de 30 000 dossiers, dont seuls 3 % aboutissent à un déferrement au parquet.
Les origines de la cybercriminalité en Côte d’Ivoire
ARTCI Infos identifie, du reste, les formes de cybercriminalité les plus répandues. Entre autres, l’escroquerie en ligne (faux héritage, faux sentiment, loterie, assistance Covid-19, etc.), les fraudes sur porte-monnaie électronique, le chantage à la vidéo et les faux ordres de virement, d’une part, et l’e-mail spoofing, l’introduction de données frauduleuses dans un système d’information (virus, vers, trojan, etc.), l’accès frauduleux à tout ou partie d’un système d’information, les ransomwares, d’autre part.
Ce savoir-faire criminel est apparu en Côte d’Ivoire dans les années 2000 avec le phénomène des « brouteurs ». « La cybersécurité s’est propagée en Côte d’Ivoire, favorisée par les vagues de migration impliquant les « Yahooboys » venus du Nigéria et les « Sakawa-boys » venus du Ghana depuis 2002. La cohabitation de ces groupes sociaux avec la jeunesse ivoirienne a favorisé, à partir de 2007, l’apparition des « brouteurs », écrit le magazine du régulateur ivoirien des télécommunications.
K.Bruno



































