Le Bureau régional Afrique de l’Ouest et centrale du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) a annoncé, ce lundi 9 septembre 2024, une initiative de formation 25 000 jeunes en cybersécurité, à travers 24 pays africains. Elle découle du succès d’un projet pilote mené en 2023, qui a permis d’en poser les bases.
L’Afrique fait face à un grand défi en matière de cybersécurité. Selon l’Union internationale des télécommunications (UIT), le continent souffre d’un manque de 100 000 professionnels. Ce déficit a des répercussions sur la sécurité des données et des infrastructures critiques. Les pertes liées aux infractions numériques sont estimées à 10 % du PIB des États membres. L’environnement est donc favorable pour le marché numérique avec en perspective un bénéfice de 712 milliards de dollars d’ici à 2050. Mais, il faudra alimenter ce marché de capacités locales en cybersécurité.
Apporter du sang à l’organe numérique
C’est ainsi que le PNUD s’est engagé à apporter du sang neuf dans cet organe malade du secteur numérique africain. La phase pilote, qui a eu lieu en 2023, a été un tremplin. Pendant 4 mois, 24 jeunes africains, dont des Ivoiriens, ont suivi une formation, avec deux semaines en présentiel à Saly, au Sénégal. Cette formation a permis aux participants de préparer la certification CompTIA en cybersécurité, reconnue au niveau mondial. Le succès de la phase pilote a permis de créer un réseau de 8 611 jeunes passionnés par la cybersécurité, prêts à contribuer à la sécurité numérique de leurs pays.
Le projet de formation de 25 000 jeunes en est la suite logique. Pour ce faire, le PNUD s’est associé à l’université canadienne Concordia et à l’académie des compétences numériques Give1Project. Ce partenariat est une garantie de la qualité de la formation. Le programme se déroulera sur une période de cinq mois et sera sanctionnée par un certificat de reconnaissance formelle des compétences des apprenants.
Numérisation va de pair avec cyberattaques
Avec la numérisation croissante des services publics et privés, la vulnérabilité aux cyberattaques augmente. Les États africains doivent non seulement investir dans la formation des jeunes, mais également mettre en place un cadre juridique et réglementaire pour protéger les données et les infrastructures critiques. Le PNUD ne se contente pas de former des jeunes. Il s’engage aussi à sensibiliser les gouvernements à l’importance d’une approche intégrée de la cybersécurité. Cela inclut le développement de politiques publiques qui favorisent un environnement numérique inclusif.
La Côte d’Ivoire, comme de nombreux pays de la région, doit relever le défi d’accélérer la formation en cybersécurité. Avec une population jeune et dynamique, elle a le potentiel pour devenir un leader régional dans ce domaine. Le pays est sur une bonne voie, les mouvements et actions de certaines structures privées et publiques en sont la preuve. New Digital Africa, par exemple, avec sa marque Dévolution s’illustre bien dans le milieu de la sécurité informatique.
James Kadié




































