Responsable de la transformation digitale à la Nouvelle Pharmacie de la Santé Publique de Côte d’Ivoire (PSP-CI), Diallo Kéthiane pilote un chantier de modernisation des process. A la journée-conférence d’Eranove Academy, elle a accordé une interview exclusive à DigitalMag.ci pour expliquer ses méthodes d’e-learning dans la formation du personnel de la PSP et présenter les outils technologiques de modernisation de cette administration de santé publique et du médicament.
Comment s’opère la transformation digitale à la Nouvelle PSP ?
D’abord, la Nouvelle PSP-CI est chargée de l’achat, du stockage et de la distribution de médicaments et produits de santé à l’ensemble des structures sanitaires publiques sur tout le territoire ivoirien. Dans cette dynamique, la transformation digitale joue un rôle clé, car elle permet d’optimiser nos processus internes, de fluidifier la chaîne logistique et d’améliorer notre efficacité opérationnelle. À travers une vision portée par notre direction générale, nous avons lancé un projet de transformation digitale pour moderniser nos outils et pratiques de travail.
Comment avez-vous intégré l’e-learning dans vos processus de formation ?
L’e-learning a été introduit lors de la migration vers notre nouveau système d’exploitation. Nous avions besoin de former massivement nos agents, répartis sur plusieurs sites à travers le pays, aux nouvelles procédures de travail. Le format e-learning s’est imposé comme une solution innovante, adaptée à notre réalité géographique. Il permet de proposer des modules de formation ludiques, interactifs et accessibles à distance.
En termes d’impact, est-ce que cette initiative est gagnante pour votre administration ?
Ces modules d’e-learning ont permis aux agents de se mettre en situation réelle, toute chose qui a favorisé une prise en main rapide du nouveau système. Cela a eu un impact direct sur l’efficacité et la productivité, car les agents ont pu adapter leurs compétences à leurs nouvelles fonctions de manière autonome et progressive.
Quels sont les outils technologiques que vous avez déployés dans ce projet de transformation ?
De façon globale, nous utilisons un ERP (progiciel de gestion intégré) pour la gestion de nos activités, de l’achat jusqu’à la distribution des produits. Cela nous permet d’avoir une vue centralisée, cohérente et en temps réel de l’ensemble de nos opérations. En parallèle, plusieurs outils digitaux ont été mis en place. Nous avons une application de gestion RH pour les demandes de congés, un système de digitalisation des courriers internes et des plateformes pour la formation en ligne et le suivi des modules. Nous travaillons à digitaliser un maximum d’opérations, surtout celles qui peuvent être bénéfiques, en termes d’efficacité, de traçabilité et de productivité.
L’intelligence artificielle commence à transformer le secteur de la santé. Où en êtes-vous à ce niveau ?
Nous n’avons pas encore pleinement intégré l’intelligence artificielle, mais elle fait partie de nos axes d’exploration stratégique. Dans le cadre de l’e-learning, nous avons commencé à développer nous-mêmes nos contenus, et nous pensons que l’IA pourra renforcer cette capacité en automatisant certaines tâches de production.
À terme, l’intelligence artificielle pourrait nous aider à optimiser la gestion des stocks, en anticipant les besoins avec des modèles prédictifs. Nous pourrons aussi, automatiser certaines prises de décisions logistiques et générer des suggestions personnalisées en matière de gestion des approvisionnements. Nous sommes donc dans une phase d’étude et d’analyse pour intégrer intelligemment ces technologies dans nos processus existants.
Quels sont les projets d’innovation en cours ou à venir à la PSP-CI ?
Nous avons plusieurs projets en cours, dont la digitalisation des opérations au sein des entrepôts. Cela inclut la mise en place d’un système de gestion d’entrepôt (WMS) basé sur le scan des produits via codes-barres. Cette innovation permettra d’améliorer la traçabilité, la rapidité et la fiabilité des collectes de commandes. Nous réfléchissons aussi à l’interconnexion des données logistiques et sanitaires pour mieux piloter l’offre de médicaments dans les zones reculées. Ces innovations vont améliorer notre capacité à livrer rapidement et efficacement les établissements de santé.
Entretien réalisé par James Kadié




































