Ce mercredi 26 novembre 2025, l’Hôtel Azalaï d’Abidjan a accueilli la 4ᵉ édition des Digital Mornings autour du thème : « GenAI x Finance Africaine ». L’objectif était d’explorer les potentialités de l’intelligence artificielle générative dans la finance, notamment les banques en Afrique. Les experts ont partagé des expériences d’usage de la GenAI dans le domaine bancaire. Pour le reste, la question de la qualité des données a été abordée.
Selon Doungnan Coulibaly, responsable marketing, communication et expérience client à AFG Bank Côte d’Ivoire, l’intelligence artificielle générative (GenAI) permet aux institutions bancaires de fournir des solutions sur mesure aux clients. La banque peut ainsi automatiser la prise en charge des requêtes de base, améliorer la qualité du service client. Toute chose qui a un avantage sûr.
GenAI en banque : quelques cas d’usage
« Ça nous permet de ne pas avoir à déployer nos ressources humaines sur ce genre de sujet. Parce que si on doit payer, en fait, des conseillers clients juste pour répondre aux questions, c’est une grosse masse pour vendre le gain. Donc, l’IA générative vous permet d’aller vers une forme de situation dans la prise en charge des clients », dit-il.
Anebo Doffou, chef de service cash management à Bridge Bank Group Côte d’Ivoire, lui, relève d’autres avantages de la GenAI. Pour lui, c’est un outil puissant pour analyser d’importants flux de données. Cette capacité d’analyse donne aux banques la possibilité de générer des offres hautement personnalisées. Et il donne un exemple :
« J’étais étudiant, j’avais un compte bancaire. Donc, la banque en analysant l’historique de mes données, quinze ans plus tard, je ne suis plus étudiant, j’ai un niveau de rémunération qui permet à la banque de m’offrir une certaine catégorie de produits. La banque est connectée à plusieurs systèmes. La banque est capable de voir aujourd’hui que j’habite une maison, que je paye des factures d’électricité, de téléphone et d’eau. Toutes ces informations permettent à la banque, en utilisant l’IA générative, par exemple, de pouvoir définir un profit emprunteur. »
La GenAI apporte également, selon lui, une aide précieuse dans la détection de fraude en entraînant des modèles capables d’identifier des transactions suspectes. Cependant, il ne manque pas de souligner que l’efficacité de la GenAI dépend entièrement de la qualité des données. D’où l’importance d’établir un cadre de gouvernance pour encadrer l’usage de cette technologie et éviter les mauvaises surprises.
La qualité des données en banque, le grand défi à relever
Pour Doungnan Coulibaly, le principal obstacle à l’exploitation de la GenAI dans le secteur financier réside dans la fiabilité et la disponibilité des données. Il indique que disposer de données exploitables est le principal défi à relever.
« Le défi pour nous, c’est comment parvenir à avoir des données qui soient fiables, des données actualisées, survenues. Parce que c’est à cette seule condition que nous parviendrons justement à personnaliser les informations, à personnaliser justement les produits qu’on propose à ces clients-là », soutient-il.
Et quand on parle de données, on s’interroge bien évidemment sur la protection de ces données. Anebo Doffou rassure sur ce point en expliquant qu’un cadre réglementaire est déjà en place en Côte d’Ivoire, avec l’ARTCI qui a établi un ensemble de Framework. Le pays a, par ailleurs, lancé une stratégie IA visant à définir un cadre de gouvernance des données bien protégés et complet. L’ARTCI pourra s’y appuyer pour structurer la gouvernance des données dans le secteur bancaire, en attendant d’autres évolutions réglementaires futures.
Le chef de service cash management à Bridge Bank Group Côte d’Ivoire mentionne également une directive de la BCEAO qui exige que les données stockées par les banques soient hébergées au sein de la zone UEMOA. Le but est de garantir la souveraineté et la confidentialité de ces informations financières.




































