A la 3e édition d’Abidjan Women In Tech Conference (AWTC), les 19 et 20 septembre 2025, Dr. Mafini Dosso, économiste de l’innovation, a accordé un entretien à Digital MAG. Elle donne un éclairage sur la « Technologie sans frontières à la conquête de toutes les industries », thème de sa keynote.
Toutes les technologies ne sont pas numériques
Selon Mafini Dosso, une technologie se définit comme un ensemble de connaissances pratiques qui implique un savoir-faire spécifique ou un ensemble de méthodes.
Elle ajoute que la technologie peut être vue comme différents types d’artefacts, c’est-à-dire des dispositifs techniques qui intègrent ce savoir-faire. Elle affirme également qu’il n’y a pas que les technologies numériques. D’autres domaines comme la santé, la biotechnologie et l’agroalimentaire produisent des technologies.
« On n’a pas besoin d’un ordinateur pour faire un nouveau yaourt. On n’a pas besoin d’un ordinateur pour faire une nouvelle crème cosmétique à base de composants uniquement végétaux. On n’a pas besoin d’ordinateur pour concevoir des nouveaux systèmes d’organisation humaines, des nouveaux systèmes d’organisation sociale. Donc, il faut penser à différents types de technologies lorsqu’on se confronte à un problème spécifique », donne-t-elle comme exemples
Pour elle, c’est un panier de technologies qui permet de répondre aux défis, comme ceux de la transformation industrielle. Identifier le bon ensemble de technologies au bon moment aide une entreprise à répondre à un besoin. Ce qui se peut se traduire par générer du chiffre d’affaires, créer des emplois et participer à la croissance économique.
Quelles sont les grandes familles des technologies ?
D’après l’économiste, les technologies peuvent être regroupées en plusieurs grandes catégories. Les technologies numériques, par exemple, réunissent toutes les innovations qui permettent de traiter, gérer ou stocker l’information. Le cloud, la blockchain sont des exemples parlants car ils sont plébiscités de nos jours. Ces technologies sont essentielles pour tout ce qui touche à la donnée et à la communication.
L’experte aborde ensuite les technologies agroalimentaires en précisant que contrairement à une idée répandue, la création d’un nouveau produit, tel qu’un yaourt, ne dépend pas toujours d’une technologie numérique. Il s’agit plutôt d’un savoir-faire spécifique, souvent lié à la biologie alimentaire ou à la biochimie. Dans le même groupe, on retrouve les technologies de la santé, comme l’étude du génome.
En fin de compte, elle soutient que les technologies de la construction et des matériaux couvrent des innovations qui permettent de construire des bâtiments plus performants grâce à des matériaux durables et résistants, notamment aux séismes.
Docteur Dosso souligne que ces avancées ne sont pas nécessairement numériques. Elles reposent plutôt sur la composition et l’étude des matériaux. Bien que moins visibles que le numérique, ces autres familles de technologies jouent un rôle tout aussi important dans le fonctionnement de nos sociétés :
« Les technologies numériques sont les plus visibles, mais les autres technologies font aussi tourner nos sociétés et nos industries », dit-elle.



































