Eranove Academy a réuni experts, chercheurs, responsables de formation et étudiants au sein du Trade Center au Plateau ce jeudi 3 avril 2025, pour une conférence. Il était question des nouvelles frontières de l’éducation : innovations, IA et perspectives africaines.
Lors de cette journée conférence, la nécessité d’une adaptation rapide du système éducatif face aux exigences du marché de l’emploi a été le principal sujet.
Une éducation en décalage avec les réalités du marché
Le modèle éducatif classique ne suffit plus à garantir l’employabilité des jeunes Ivoiriens. Constat unanime. Paul Ginies, directeur général d’Eranove Academy, pointe un décalage croissant entre les formations académiques et les compétences recherchées par les entreprises.
« L’objectif de cette conférence est de réunir les acteurs de la formation et de l’emploi pour réfléchir ensemble à une refonte du système, car aujourd’hui, les besoins évoluent plus vite que les cursus », explique-t-il.
Ce retard est d’autant plus préoccupant avec l’essor de l’intelligence artificielle, qui bouleverse les modes d’apprentissage et les métiers de demain. L’IA n’est pas une tendance, l’IA est la nouvelle structure du paysage économique et éducatif mondial. Or, la Côte d’Ivoire peine encore à intégrer ces technologies dans son système éducatif.
L’intelligence artificielle, catalyseur ou menace pour l’éducation ?
Si l’IA offre des opportunités inédites pour l’apprentissage, elle soulève également des inquiétudes. La question n’est plus de savoir si l’intelligence artificielle doit être intégrée à l’éducation, mais comment elle peut être utilisée de manière efficace et responsable.
Pour Paul Ginies « Eronove academy construit aujourd’hui des dispositifs, qui ne vont pas remplacer toute la formation, mais permettre de donner accès à un plus grand nombre, d’être plus efficace et développer rapidement d’autres compétences. Ces mécanismes sont créateurs d’emploi pour les jeunes ivoiriens”.
Mieux encore, ces dispositifs, utilisent notamment l’IA, ce qui permet de réduire les coûts de fabrication.
Cependant, une mauvaise utilisation de ces outils risque d’aboutir à une paresse intellectuelle généralisée. Christophe Legrenzi, expert en transformation numérique, met en garde contre une dépendance aveugle à ces technologies : « 400 millions de personnes utilisent des modèles d’intelligence artificielle générative chaque semaine.
Les étudiants en font partie, mais beaucoup ne savent pas les exploiter correctement. Plutôt que d’aiguiser leur curiosité, ces outils sont parfois détournés et réduisent leur capacité d’analyse. » D’où la nécessité d’un encadrement strict pour accompagner les jeunes dans leur appropriation des technologies de l’IA.
Vers une refonte du modèle éducatif ivoirien
Au-delà des outils, c’est toute la structure du système éducatif qui doit être repensée. Plusieurs pistes ont été évoquées lors de cette conférence, à savoir, l’introduction de cursus spécialisés en intelligence artificielle, la promotion de l’alternance pour réduire les coûts de formation et l’augmentation du nombre d’étudiants formés dans les établissements technologiques comme l’ESATIC et l’INPHB.
L’enjeu est double, éviter la fuite des talents vers l’étranger et créer un écosystème local capable de répondre aux défis de la transformation numérique.
Il est temps de créer nos propres modèles éducatifs
« Nous devons cesser d’être de simples consommateurs de technologies étrangères. Il est temps de créer nos propres modèles éducatifs en tenant compte des réalités locales », a souhaité Harouna Bagayogo, Directeur général du G2SE (Groupement des services eau et électricité) lors de son discours introductif.
Cette journée d’échanges a donc permis de jeter les bases d’une réflexion plus large sur l’avenir de l’éducation en Côte d’Ivoire.
James Kadié
