En pleine effervescence électorale, alors que les rumeurs circulent plus vite que les bulletins de vote, une innovation numérique vient bousculer les codes de la vérification citoyenne.
Présentée officiellement le mercredi 22 octobre 2025, à la Maison de la presse d’Abidjan Plateau, l’application Vera s’affirme comme une réponse technologique à la montée des fausses nouvelles en Côte d’Ivoire. Vera est une intelligence artificielle de fact-checking. Elle est pensée pour être simple, rapide et accessible à tous. Et son développement a été l’affaire de l’Ivoirien Stéphane Soumahoro.
Une IA citoyenne pensée pour l’accessibilité :
Contrairement aux plateformes classiques de vérification, souvent cloisonnées dans des sites web exigeant une connexion stable et des démarches techniques, Vera fonctionne via WhatsApp. Mais, il faut, au préalable, enregistrer son contact (Numéro de téléphone). Ensuite, envoyer une rumeur ou une question, et l’outil renvoie, en quelques secondes, une réponse sourcée, contextualisée et vérifiée.
« Nous avons voulu simplifier le fact-checking pour le rendre accessible à la population. Il suffit d’envoyer un message à Vera pour recevoir la bonne information, issue de sources crédibles, dans un délai de 3 à 6 secondes », promet Stéphane Soumahoro. L’architecture de Vera repose sur un réseau de plus de 400 agrégateurs certifiés, couvrant 80 pays. Elle s’adapte, du reste, aux réalités locales, linguistiques et sociales. Cette initiative prend tout son sens dans un contexte électoral où la désinformation devient un acteur invisible mais puissant.
Une riposte numérique face à la désinformation électorale
Faux résultats, rumeurs de report de scrutin, communiqués falsifiés : les fausses nouvelles prolifèrent sur les réseaux sociaux. Elles alimentent la méfiance, les tensions et les clivages. Vera se positionne alors comme une vigie numérique, capable de filtrer le bruit et de rétablir les faits.
« En Afrique, les réseaux sociaux jouent un rôle croissant dans la formation de l’opinion publique, et c’est sur ces plateformes que la désinformation prolifère le plus. Vera vient donc apporter une solution rapide, adaptée et citoyenne à ce défi », explique son concepteur. L’application propose un label de certification pour les médias partenaires, garantissant une fiabilité de 99,99 %, renforçant ainsi l’écosystème informationnel.
Un outil salué par les professionnels de la presse
Pour Mamadou Traoré, vice-président du Réseau des professionnels de la presse en ligne de Côte d’Ivoire (REPPRELCI), Vera arrive à point nommé. « C’est un outil qui va faciliter le travail des journalistes et accélérer la vérification des faits. Une innovation précieuse, surtout dans ce contexte électoral tendu », a-t-il dit.
À l’heure où la vérité se dispute à chaque nanoseconde, Vera se dresse en rempart du vrai. Elle ne prétend pas résoudre tous les maux de l’espace public, mais elle offre un levier pour rétablir la confiance, renforcer la transparence et redonner du sens à l’information surtout quand le vote s’invite dans l’espace numérique.
Mathieu Kouamé



































