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Finance technologique : Quelles sont les catégories de fintechs opérant en Côte d’Ivoire ?

Finance technologique Quelles sont les catégories de fintechs opérant Côte d’Ivoire

Finance technologique Quelles sont les catégories de fintechs opérant Côte d’Ivoire

Les fintechs, on en parle sans toujours savoir ce que c’est, ce qu’elles font, sans toujours connaitre leur typologie, ou même s’il y en a de plusieurs catégories. Digitalmag.ci vous donne un éclairage afin que nul n’ignore.

 Les principales catégories de la fintech sont les paiements numériques, les prêts alternatifs, l’InsurTech, la WealthTech et les technologies habilitantes. Les émetteurs de monnaie électronique (EME) ont, certes, un statut particulier. Il n’empêche qu’elles font partie de ce qu’on appelle fintech. Toutes ensemble, ces institutions financières offrent des services assis sur la technologie à leurs clients, sous le regard de la BCEAO. Mais, quelles sont ces catégories de fintechs ? Quelles sont celles qui opèrent en Côte d’Ivoire ? Réponses !

Emetteurs de monnaie électronique (EME)

Selon la BCEAO, la monnaie électronique est une valeur monétaire représentant une créance sur l’établissement émetteur. Elle est stockée sous une forme électronique, y compris magnétique, et elle est émise sans délai contre la remise de fonds d’un montant supérieur ou égal à la valeur monétaire émise. La Banque centrale précise que la monnaie électronique est acceptée comme moyen de paiement par des personnes physiques ou morales autres que l’établissement émetteur.

Les émetteurs de monnaie électronique ou EME sont, par conséquent, les établissements financiers qui émettent ce type de monnaie. En Côte d’Ivoire, on en compte quatre à qui la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) a accordé l’agrément d’établissement d’Emission de monnaie électronique (EME). Ce sont Wave, Orange Money, MTN Money, Moov Money et la société ivoirienne DJOGANA Pay SA.

Cette dernière est, pour le moment, la première entreprise « 100% ivoirienne » agréée par la BCEAO en qualité d’établissement. Peu connue, elle met à la disposition de certaines collectivités territoriales des solutions digitales de collecte des taxes et bien d’autres solutions de paiement électronique. Toute chose censée faire progresser les recettes des mairies bénéficiaires de ses solutions. Depuis qu’elle à son agrément, en mai 2025, l’entreprise est à l’ouvrage pour se déployer sur l’ensemble du territoire.

Etablissements de paiement (EDP)

C’est la catégorie les plus répandues de fintech qui englobe les paiements mobiles, les virements internationaux simplifiés et les agrégateurs de paiement pour les marchands. En somme, les établissements de paiement (EDP), selon la BCEAO, offrent des solutions de paiement. Ce sont des agrégateurs de paiement ou entreprises qui facilitent les paiements et les transferts via des applications mobiles, des portefeuilles électroniques et d’autres services.

Ces entreprises, plus connues sous le vocable fintechs ou néo-banques, doivent obtenir un agrément ou Licence de l’autorité de contrôle, en l’occurrence la BCEAO dans la zone UEMOA, Afrique francophone avant d’exercer ou continuer à exercer. Ici, le montant correspondant à la Licence est de 100 millions FCFA. Contrairement aux banques, elles ont des restrictions réglementaires moins strictes car elles ne fournissent pas de crédit.

Toujours selon la BCEAO, les établissements de paiement sont autorisés à fournir les prestations suivantes :

En revanche, les établissements de paiement (EDP) sont soumises à des restrictions, selon l’Article 8 de l’Instruction 01-01-2024 de la BCEAO. Ainsi, il est interdit aux établissements de paiement :

Selon la BCEAO, les placements dans des dépôts à vue doivent représenter en permanence au moins 30% des fonds des comptes de paiement placés par un établissement de paiement. Les placements effectués dans les titres d’Etat ne peuvent excéder 25% des fonds des comptes de paiement placés par un établissement de paiement. C’est, du reste, cette catégorie de fintech dont l’activité est menacée de disparition avec la Plateforme interopérable du Système de paiement instantané de la BCEAO (PI-SPI).

« Cette interopérabilité n’est pas notre seule activité, mais elle est quand même le socle de notre activité. C’était la première raison qui rendait pertinents les établissements de paiement, aux yeux de nos clients, parce qu’historiquement, les différentes institutions de monnaie électronique dans la sous-région et les banques ne savent pas se parler pour faire un paiement d’un client à un autre », explique Gilles Kounou, fondateur de la fintech OpenSI.

Exemples : CinetPay, Push, OpenSI, Julaya, Djamo, InTouch, Bloom Card, SYCAPAY, HUB 2

 

Banque numérique (Neobanks)

La banque numérique est une entreprise qui propose des services bancaires complets (comptes courants, comptes d’épargne, crédit, cartes) exclusivement en ligne ou via des applications mobiles, sans agences physiques. En Côte d’Ivoire, ce sont par exemple, Orange Bank, Djamo Finances, MoMo Cash de MTN.

Les banques traditionnelles et les nouveaux entrants modernes, axés sur la technologie, ont transformé les produits et services bancaires de base afin qu’ils s’adaptent à la nouvelle ère numérique. Ces services deviennent plus accessibles, plus faciles à comprendre et plus rapides à gérer. Cette transformation des services bancaires est rendue possible grâce au développement d’internet et à l’augmentation d’utilisation des téléphones intelligents. Dans la zone UEMOA, les banques numériques sont aussi régulées.

Pour sûr, la transformation observée dans le secteur bancaire, autrefois rigide, au dire d’un expert, a été stimulée par l’émergence de l’industrie fintech, qui signifie technologie financière. Celle-ci prend en compte l’entreprise qui utilise la technologie pour créer des services financiers.

Les autres catégories de fintech moins répandues en Côte d’Ivoire

D’autres catégories de fintech existent, mais sont moins répandues en Côte d’Ivoire. On peut citer les fintechs de prêts alternatifs et financement participatif, en anglais crowdfunding. Ce secteur propose des solutions de crédit aux particuliers et aux entreprises en dehors des circuits bancaires traditionnels, souvent via des plateformes de prêt peer-to-peer (P2P). Il y a, ensuite, l’insurtech (Technologies de l’assurance) qui applique l’innovation à l’assurance, en proposant des polices personnalisées, une gestion des sinistres simplifiée et des modèles d’affaires basés sur les données.

Par ailleurs, la WealthTech ou technologies de gestion de patrimoine qui inclut les services de conseil en investissement automatisé (robo-advisors), le courtage en ligne et les outils de gestion de portefeuille simplifiée. Et la fintech de cryptomonnaies et blockchain qui couvre les plateformes d’échange de cryptomonnaies, comme Coinbase ou Binance.

Les catégories s’allongent si on ajoute la Regtech (Solutions aidant les entreprises à se conformer aux réglementations financières de manière plus efficace) ; la Proptech (Technologies améliorant les processus dans l’industrie immobilière, de l’investissement à la gestion des transactions).

K. Bruno

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