Combien d’ingénieurs télécoms et TIC la Côte d’Ivoire forme-t-elle par an ? En attendant des chiffres officiels, on sait que l’école de référence en la matière, ESATIC, en forme 120 par an, selon son directeur général.
ESATIC : 120 ingénieurs formés par an dans les télécoms et TIC
L’Ecole supérieure africaine des télécommunications/TIC de Côte d’Ivoire (ESATIC) met sur le marché du travail numérique, 120 ingénieurs par an. C’est Adama Konaté, directeur général d’ESATIC, qui le dit lors d’une conférence publique autour du thème : « L’intelligence artificielle au service de la transformation numérique », tenue au Centre d’éducation à distance de Côte d’Ivoire (CED-CI), à Abidjan, le 5 août 2025.
« Il y a un directeur de société qui est venu me voir un jour, et il me dit : « Chaque année, j’ai besoin de 100 ingénieurs pour mon entreprise ». Je lui réponds : si toi seul, tu prends 100, alors que je n’en forme que 120 par an, ça ne va pas être facile. Et j’ai ajouté, ce n’est pas grave, on va y travailler, parce que tout est en train de se transformer. Les business developers, les concepteurs de logiciels et d’applications, l’industrie 4.0, les technologies appliquées à la santé et autres », révèle Adama Konaté.
L’offre et la demande de compétences numériques
ESATIC est une école publique ivoirienne équipée de matériels de haute technologie et animée par des enseignants compétents pour former des cadres qualifiés. Elle dispense des formations pointues en télécoms et TIC, sanctionnées par des diplômes de référence. Système et réseaux informatiques et télécoms, technologie du web et images numériques, systèmes informatiques et génie logiciel, réseaux et télécoms, développement d’applications et systèmes d’informations, sécurité informatique et technologies du web, mobiquité, big data et systèmes, sont autant de filières pour dans lesquelles cette école forme des cadres de qualité.
Selon Adama Konaté, la Côte d’Ivoire doit adapter ses modules de formation aux nouveaux métiers qui naissent. « Des métiers apparaissent, des métiers nouveaux, tout ce qui est data analyse, analyste des données, spécialiste en intelligence artificielle, big data, spécialiste de l’automatisation, spécialiste en transformation numérique, spécialiste en sécurité informatique, l’internet des objets ou IoT, etc. Alors, la demande de compétences va être de plus en plus importante », prévient le directeur général d’ESATIC.
Des métiers apparaissent, d’autres disparaissent
Dans le même temps, prévient-il encore, certains métiers vont disparaître : « Tout ce qui est opérateur ou opératrice de saisie. Je n’ai plus besoin de saisir. Je viens, je lis, je note, ou je scanne la page, même si c’est écrit au stylo, il faut que les caractères soient reconnaissables. L’intelligence artificielle récupère tout ça, elle traduit, elle crée un tableau, met les noms. Et puis, votre travail ne sera plus de saisir, mais de vérifier que 15 qu’on a mis là, c’est bien 15 qui est écrit, et ainsi de suite ».
Et il ajoute : « Les aides comptables, les travailleurs de la chaîne, les ouvriers avec l’automatisation qui se développe, les responsables de services commerciaux et administratifs, les chargés d’information des services clientèles, les mécaniciens et réparateurs… Maintenant, on n’a plus besoin de réparer (…) Une machine tombe en panne, vous enlevez la pièce, vous mettez une autre, et puis on avance ». Une lueur d’espoir toutefois, au dire d’Adama Konaté : « L’IA ne remplace pas l’humain, mais augmente ses capacités. C’est le principe du travail augmenté ».
