À Abidjan, l’UNESCO et l’Université Virtuelle de Côte d’Ivoire (UVCI) inaugurent une nouvelle ère : celle d’une intelligence artificielle conçue pour l’humain, guidée par les principes d’inclusion, de durabilité et de gouvernance.
Lancée le 24 juillet 2025, la première Chaire UNESCO « Intelligence Artificielle, Humanités et Science Ouverte » (IAHSO), portée par l’Université Virtuelle de Côte d’Ivoire (UVCI), s’impose déjà comme un espace stratégique de réflexion et d’innovation en Afrique. Son ambition : promouvoir un écosystème de savoirs éthiques, inclusifs et collaboratifs, fondé sur la science ouverte et l’usage responsable de l’IA, au service du développement durable et des sociétés africaines en transition.
Un colloque fondateur de l’IA des humanités
Les 4 et 5 décembre 2025, Abidjan a accueilli la première édition du Colloque scientifique international IAHSO, organisé en partenariat avec la Commission Nationale Ivoirienne pour l’UNESCO, le Bureau UNESCO Côte d’Ivoire et la Délégation Permanente de la Côte d’Ivoire auprès de l’UNESCO à Paris.
Au programme :
- Transformation digitale et impacts socio-économiques ;
- Rôle de la science ouverte dans la démocratisation du savoir ;
- Défis éthiques et régulation de l’IA ;
- Adaptation des politiques publiques à l’ère numérique ;
- Contribution des universités africaines à la recherche mondiale.
Des voix fortes pour une IA humaine
Parmi les intervenants, son Excellence, Professeure Ramata Bakayoko-Ly, Ambassadeur, déléguée permanente de la Côte d’Ivoire auprès de l’UNESCO, a rappelé :
« L’adoption en 2021 de la Recommandation sur l’éthique de l’Intelligence Artificielle est une avancée majeure. Elle engage les États à promouvoir une IA respectueuse de la dignité humaine. »
– Les trois piliers de cette IA africaine

De son côté, Professeur Claude Lishou de l’Université Cheick Anta Diop a insisté sur les trois piliers de cette IA africaine : « l’Inclusion, qui consiste à donner un accès aux savoirs technologiques. La Durabilité : utiliser l’IA pour réduire les coûts, prévenir les catastrophes et soutenir l’économie circulaire. Enfin, quant à la Gouvernance, elle inscrire l’IA dans un cadre responsable et moralement éclairé. »
– Un puissant outil de rattrapage économique et social
Enfin, Professeure Koffi Gnagne, représentante du ministère de l’Enseignement supérieur, a souligné :
« L’IA doit être transformée en un puissant outil de rattrapage économique et social, au service de nos valeurs et de notre culture. »
Et d’ajouter :
« C’est pourquoi, conscient de son rôle capital et des problèmes posés dans le cadre du développement de notre nation, le ministère attend du colloque des résultats tangibles et des recommandations concrètes pour l’élaboration des politiques nationales et régionales en matière d’IA éthique. Il s’agit aussi de renforcer la gouvernance de l’IA et les partenariats entre le secteur académique, le secteur privé et les décideurs politiques. »
Une stratégie panafricaine autour de l’IA
Ce rendez-vous scientifique, placé sous le patronage du Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique, Prof. Adama Diawara, et le parrainage de S.E.M. Ramata Bakayoko-Ly, s’inscrit dans les objectifs du Plan National de Développement (PND), de la Stratégie Nationale de l’IA (2025-2030) et des cadres normatifs internationaux tels que la Recommandation de l’UNESCO sur l’éthique de l’IA et la Stratégie de l’Union africaine sur l’IA.
En ouvrant la voie à une intelligence collective, éthique et inclusive, la Chaire UNESCO-IAHSO positionne l’Afrique non plus comme simple consommatrice de technologies, mais comme actrice souveraine de l’innovation mondiale. Ce faisant, l’IA devient un levier de dignité, de culture et de développement durable. Comme pour emprunter les mots de Professeur Lishou : « L’IA, n’est plus qu’une Technologie, elle est un tournant de la civilisation. »




































