Du 9 au 11 juillet 2025, Abidjan a vibré au rythme de la première édition d’Ivoire Tech Forum, se présentant comme un carrefour incontournable pour les acteurs de la tech africaine et mondiale. Entre keynotes, panels et démonstrations de start-ups, la capitale ivoirienne s’est imposée la semaine dernière comme l’épicentre de l’innovation numérique sur le continent.
Le numérique, une niche d’emplois immense
A la deuxième journée d’Ivoire Tech Forum, le 10 juillet 2025, un panel ministériel a réuni plusieurs membres du gouvernement ivoirien, aux côtés de représentants de la Guinée et du Congo-Brazzaville. Autour de la table, Ibrahim Khalil Konaté, ministre de la Transition numérique et de la Digitalisation de Côte d’Ivoire, Mamadou Touré, ministre de la Promotion de la Jeunesse et de l’Emploi des Jeunes, Françoise Remarck, ministre de la Culture, ainsi que deux invités internationaux : Léon Ibombo, ministre de la Poste, des Télécommunications et de l’Économie numérique du Congo-Brazzaville et Rose Pola Princemou, ministre de la Poste et de l’Économie numérique de Guinée-Conakry.
Modéré par Stanislas Zézé, PDG de Bloomfield Investment Corporation, ce panel a exploré un thème plus que jamais d’actualité : « Le numérique au service de tous : comment les nouvelles technologies transforment notre quotidien ? » Dès l’ouverture, le ton est donné. L’Ivoirien Ibrahim Khalil Konaté appelle à une mobilisation collective autour du numérique :
« Nous devons créer des passerelles entre le secteur public et privé pour financer les projets numériques. C’est une niche d’emplois immense, surtout dans des pays comme les nôtres où plus de 60 % de la population ont moins de 35 ans ». Son message est clair, le numérique n’est pas qu’un sujet de technologie, c’est une question de société, un enjeu générationnel.

Une jeunesse à accompagner, pas à observer
Mme Françoise Remarck, ministre ivoirienne de la Culture, partage également cette vision d’un numérique inclusif. Elle présente avec enthousiasme le projet de la Cité de l’innovation des arts et de la culture, un espace pensé pour rassembler la créativité, la technologie, la formation et l’entrepreneuriat :
« Cette cité aura pour objectif de mettre dans un seul espace tout un écosystème novateur. Toutes les innovations se retrouveront dans ce même espace. Qu’elles soient du secteur de la tech, de la culture, de l’agriculture, etc. Cette cité mettra aussi en avant la formation. Toute cette technologie et ces expériences nécessitent une formation et des infrastructures adaptées à cela afin d’accélérer le développement en Côte d’Ivoire ».
De son côté, le ministre de la Promotion de la jeunesse, Mamadou Touré, a mis en avant l’impact du numérique et des nouvelles technologies sur la jeunesse, leur formation et leur employabilité :
« Aujourd’hui, les jeunes utilisent les nouvelles technologies pour se faire une place au soleil. Notre rôle est de les accompagner. Nous avons, par exemple, soutenu le financement de plus de 35 start-ups via Boost Capital, pour un montant de 1 milliard de francs CFA. Par ailleurs, nous développons des formations sur mesure. Avec le ministère de la Transition numérique, celui du Tourisme et d’autres acteurs, nous travaillons à la mise en place d’un programme de formation visant à toucher 200 000 jeunes, afin de renforcer leurs capacités. »
Faire du numérique un moteur de transformation inclusif
Ce panel ministériel a mis en lumière l’urgence de faire du numérique un moteur de transformation inclusif. L’insertion des jeunes, la création d’emplois dans le digital, et la structuration d’écosystèmes innovants sont au cœur des stratégies nationales pour adapter les sociétés africaines aux défis du 21ème siècle. Ivoire Tech Forum s’impose ainsi comme une vitrine des ambitions africaines dans le domaine numérique, où la jeunesse est à la fois acteur, bénéficiaire et pionnière du changement.












