L’école française d’informatique Epitech réputée pour sa pédagogie axée sur la pratique s’installe en Côte d’Ivoire avec l’ouverture d’un campus à Abidjan. Lors de l’évènement Tech’Elles, à Abidjan, le 23 janvier 2026, sa directrice, Johanne Bruffaerts, nous a accordé une interview exclusive. Comment la formation facilite l’inclusion des femmes dans le numérique ? Elle y répond.
Qu’est-ce qui motive votre présence à Tech’Elles 2026 ?
Aujourd’hui, ça fait un petit moment maintenant qu’on travaille en partenariat avec la GIZ, notamment sur des formations en développement full stack, développement data, sécurité numérique, et product management. On est en train de s’installer ici en Côte d’Ivoire avec notre campus d’Epitech, et moi, j’ai une grande passion pour la nouvelle technologie que je veux transmettre aux jeunes filles, comme j’aurais aimé qu’on me la transmette quand j’étais encore plus jeune.
Je pense que l’information c’est la clé. Mais, il faut avoir accès à l’information pour comprendre que, quand on parle de la technologie, on parle de plus d’une soixantaine de métiers, que tout le monde y a sa place, notamment les jeunes femmes.
Que va apporter Epitech comme solutions pour faciliter l’inclusion des femmes dans le numérique ?
A Epitech, on est focalisé sur de l’ingénierie et du software, donc c’est plus accessible, encore plus avec l’intelligence artificielle. C’est un domaine dans lequel tout le monde pourra se retrouver. Et comme je l’ai dit, il y a plein de métiers. Le numérique, ce n’est pas seulement apprendre à coder, ça peut être aussi dans la communication, la gestion de projet, la robotique. Donc, peu importe votre personnalité et vos appétences, un métier vous correspond dans le numérique.
Les personnes qui veulent se reconvertir sont-elles prises en compte ?
Tout à fait, on a des programmes d’enseignement supérieur de Licence et Master pour des gens qui finissent leur Baccalauréat ou qui veulent leur licence.
On a un programme qu’on a mis en oeuvre avec la GIZ, qui s’appelle Wecode, financé par l’Union Européenne, en partenariat avec Epitech et MStudio. On a monté des formations courtes de 6 mois pour les gens qui veulent se reconvertir.
Donc là, on a déjà formé plus 50 personnes dans les domaines de développement du stack, data, sécurité numérique, product management et technologie. Et là, ce sont des formations qui sont intéressantes parce qu’elles sont gratuites, parce qu’elles sont déjà financées, et qui permettent à plein de jeunes de pouvoir s’en saisir vite. Selon les statistiques, ils ont fait la biologie, l’anglais, l’allemand. Ils ont envie de se reconvertir sur des formations courtes de 6 mois.
Quelles sont les technologies qui feront le futur, selon vous ?
Evidemment, l’intelligence artificielle, même si pour moi c’est au-delà d’une technologie. L’intelligence artificielle, pour moi, c’est comme internet, ça va révolutionner notre monde. Il faut s’intéresser à l’intelligence artificielle, je crois. Et comme on ne peut pas faire de l’intelligence artificielle sans la data ou les données, voilà encore un secteur important, notamment en Afrique, où on a un problème de données. Qui dit intelligence artificielle et données, dit aussi cybersécurité. C’est indispensable ! On le voit lorsqu’il il y a des catastrophes dans les aéroports ou d’autres pannes liées à la cybersécurité. On doit assurer notre souveraineté.
Et je rajouterai tout ce qui est lié aux infrastructures, c’est-à-dire les data centers, le réseau et tout, parce qu’en fait, de toute façon, c’est très holistique, c’est du 360. Ça, c’est la partie technique. Pour le reste, il nous faut des managers de projets, des gens qui peuvent vulgariser l’information, qui savent communiquer, etc. Bref, on a besoin en réalité de tout un écosystème pour que tout ça fonctionne.
En dehors de l’éducation, quelles sont les autres solutions pour permettre aux femmes d’évoluer dans le milieu de tech ?
Il faut qu’elles puissent se familiariser et aient accès à l’information. Je pense qu’en plus de la formation, c’est ce que j’appellerais la formation informelle, c’est avoir accès à de l’information. Donc, c’est venir à des événements comme celui-ci, participer à des conférences, à des ateliers, rejoindre des communautés, c’est hyper important, participer à des compétitions. En fait, se créer un entourage qui nous permet d’aller vers notre but. Et puis, les questions autour du développement personnel, de la confiance en soi, qu’il faut aussi cultiver, apprendre à mieux se connaître, savoir quelle est notre valeur ajoutée dans cet écosystème.
Entretien réalisé par Mariam Gassama



































