Le ministère de la Jeunesse de Côte d’Ivoire veut tirer avantage de l’intelligence artificielle pour renforcer les compétences des jeunes qui arrivent sur le marché du travail. Une décision éclairée par la Journée mondiale des compétences des jeunes décrétée par l’ONU, le 15 juillet.
Le 15 juillet de chaque année, c’est la Journée mondiale des compétences des jeunes. Elle est décrétée par les Nations unies pour mettre le projecteur sur la formation-emploi des jeunes face au chômage qui gangrène de cette frange des peuples partout dans le monde. Cette année, le thème choisi, c’est : « L’intelligence artificielle et les compétences numériques : une voie vers l’autonomisation des jeunes ». Et la Côte d’Ivoire s’y est mise par une cérémonie au Palais de la culture d’Abidjan-Treichville.
Autonomisation des jeunes grâce à l’IA
Organisée par le ministère de la Promotion de la jeunesse, de l’Insertion professionnelle et du Service civique, le point d’orge de cette cérémonie fut le panel sur le thème : « Autonomisation des jeunes grâce à l’IA et aux compétences numériques ». Ici, Ayouba Coulibaly, conseiller technique du ministre Touré Mamadou de la Promotion de la jeunesse, de l’Insertion professionnelle et du Service civique, a mis les pieds dans le plat.
Quelques chiffres, d’entrée. En Côte d’Ivoire, entre 850 000 à 1 million d’enfants entrent au CP1 chaque année. Ce chiffre passera, selon les estimations, à 1,5 million à partir de 2030. Dans les services publics de l’emploi, 300 000 à 400 000 jeunes arrivent, eux aussi, chaque année sur le marché du travail.
« Ces jeunes viennent trouver un stock de sans-emplois auxquels ils s’additionnent. Alors qu’au niveau de notre système national d’insertion, nous ne pouvons prendre en charge qu’environ 800 à 900 personnes de tout ce flux de stock existant », diagnostique Ayouba Coulibaly.
« Donc pour nous, le numérique devient un allié incontournable dans le traitement de cette masse de jeunes. Pas seulement dans le traitement des demandeurs d’emploi, mais aussi et surtout dans le traitement des enfants qui entrent dans les écoles parce qu’il faut des enseignants, des salles de classe. Et si le nombre n’est pas suffisant, il faut trouver des outils technologiques adaptés. Ainsi, le numérique nous aide à mieux affiner nos actions, à prendre en charge les jeunes et les demandeurs d’emploi », ajoute-t-il.

51601 jeunes formés dans le numérique à travers le PJGouv
Mais que fait son département pour accompagner les jeunes dans l’insertion professionnelle ? Selon lui, depuis 2023, son ministère porte, avec 21 autres ministères sectoriels, le Programme jeunesse du gouvernement (PJGouv). En son axe 1 sur l’insertion professionnelle, des dispositifs sont déployés pour former les jeunes dans le numérique. Par exemple, avec Trace Academia et Africa Digital Academy, des formations numériques ont été dispensées à 6400 jeunes. Au total, l’ensemble des 21 ministères sectoriels impliqués dans les PJGouv ont « donné des compétences solidifiées à 51 601 jeunes dans le domaine du numérique ».
« Et pour finir sur l’intelligence artificielle, en début d’année, lors du lancement du Programme national des stages d’apprentissage, nous avons présenté notre nouvelle plateforme digitale qui va se faire aider par l’intelligence artificielle dans le recrutement des jeunes, des demandeurs d’emploi. Avec tous le flux qui arrive, il faut de l’intelligence artificielle pour traiter tous les CV et autres documents », a conclu le conseiller technique.
K. Bruno




































