Yango Côte d’Ivoire fait plus que conduire à bon port les Ivoiriens dans les grandes villes du pays. L’entreprise est passée de plateforme VTC à une SuperApp complète avec des offres alléchante. Désormais, son impact sur l’emploi, le transport et l’économie numérique de la Côte d’Ivoire n’est plus à démontrer. Kadotien Soro, son directeur général pays, en dit plus dans cette interview-bilan, exclusive, de l’année 2025 accordée à Digital MAG.
Quel est l’état des lieux des activités de Yango Côte d’Ivoire depuis son implantation dans le pays
Depuis octobre 2018, Yango a profondément évolué en Côte d’Ivoire. Nous sommes passés d’une plateforme de VTC à une SuperApp complète et une vraie entreprise tech. Aujourd’hui, notre écosystème mobilise plus de dizaines de milliers de véhicules via nos partenaires opérateurs de flotte et permet à des millions d’Abidjanais de se déplacer, faire livrer des colis, des courses ou repas, vendre et acheter en toute sécurité.
L’un des indicateurs les plus parlants est la modernisation du parc automobile : l’âge moyen des véhicules est passé de 15 ans en 2018 à environ 3 ans aujourd’hui. Nos services couvrent désormais Abidjan et plusieurs villes de l’intérieur, dont Korhogo, Yamoussoukro, San-Pedro et Bouaké. L’inauguration de notre bureau régional africain en juillet 2025 confirme le rôle central de la Côte d’Ivoire comme hub continental pour Yango. Yango Delivery et Yango Food connaissent une croissance remarquable. En 2025, Yango Food a séduit des milliers de restaurants partenaires et consommateurs.
Notre SuperApp intègre désormais transport, livraison de colis, livraison de repas, e-commerce avec Yango Achat et Vente, et services de navigation. Aujourd’hui, ces services annexes représentent une part croissante de notre activité et constituent un levier majeur de notre croissance future. Notre vision est de devenir une plateforme technologique complète qui structure l’économie numérique ivoirienne, où chaque Ivoirien peut accéder à l’ensemble de ses besoins quotidiens via une seule application.
Quels sont les résultats 2025 de Yango en matière de digitalisation du transport urbain en Côte d’Ivoire ?
2025 a marqué une étape clé dans la digitalisation du transport urbain. Nous comptons plus de dizaines de milliers de chauffeurs partenaires actifs et un volume de courses quotidiennes constamment en croissance à Abidjan. Au-delà des chiffres, l’essentiel réside dans les innovations déployées : le lancement de Goya pour le segment premium, l’expansion de Yango Food dans les zones de Marcory et Grand-Bassam, Yango Motors pour faciliter l’accès aux véhicules, et une refonte majeure de notre centre de sécurité dans l’appli.
Ces avancées traduisent notre volonté de structurer durablement le secteur via la technologie. De manière générale, tout cela illustre la manière dont Yango utilise la technologie pour numériser structurellement le secteur et construire un écosystème urbain plus durable et plus efficace à long terme.
Quelles sont les innovations technologiques que vous avez intégrées en 2025 pour améliorer l’expérience des usagers et des chauffeurs partenaires ?
L’année 2025 a été riche en innovations. Goya a introduit une expérience premium fondée sur des standards élevés de qualité et de sécurité. Yango Food a innové avec un modèle économique favorable aux restaurateurs, tandis que Yango Motors facilite l’accès à la propriété automobile grâce à des solutions de financement adaptées. Sur le volet sécurité, nous avons déployé une mise à jour du centre de sécurité qui est beaucoup plus intuitif en y intégrant des checklists personnalisées. Enfin, avec Driver Cash Advance, développé avec COFINA et Yabx, nous utilisons l’intelligence artificielle pour permettre aux chauffeurs d’accéder au crédit, même sans historique bancaire.

Comment Yango collabore-t-il avec les autorités pour assurer une régulation équilibrée entre innovation numérique et protection des acteurs traditionnels du transport ?
Nous privilégions une approche fondée sur le dialogue et l’anticipation. Nous travaillons régulièrement avec l’ARTCI, la DGI, ainsi que les ministères des Transports, de la Transition numérique, de l’Emploi et j’en passe. Ces collaborations ont permis des avancées concrètes, notamment l’intégration des chauffeurs et coursiers partenaires au régime social des travailleurs indépendants et à la CMU, ou encore le développement de projets liés à l’adressage numérique. En matière de données personnelles, nous appliquons strictement les standards internationaux, en totale transparence avec les autorités locales.
Quelles sont les mesures prises pour garantir la sécurité des passagers et la fiabilité des chauffeurs ?
En novembre 2025, nous avons déployé un nouveau centre de sécurité global. Les passagers peuvent désormais suivre en temps réel les mesures de protection activées via des checklists personnalisées, et accéder à un centre de sécurité repensé avant et pendant leurs trajets. Nous maintenons également des fonctionnalités comme la géolocalisation en temps réel, le bouton SOS et le partage de trajet. Du côté des chauffeurs, un processus de vérification rigoureux garantit la fiabilité des partenaires opérant sur la plateforme.
Quel est l’impact de Yango sur l’emploi et l’inclusion économique ?
L’impact est considérable, multidimensionnel et durable. Yango repose sur un modèle unique axé sur les partenaires. Il est conçu pour se développer parallèlement à l’économie locale, en soutenant des milliers de PME (entreprises de transport et de logistique, restaurants avec lesquels nous collaborons), leurs chauffeurs et leurs coursiers, grâce à une demande prévisible et des opportunités de revenus durables.
Aujourd’hui, des dizaines de milliers de chauffeurs partenaires et plusieurs centaines d’entreprises de transport génèrent des revenus durables grâce à cet écosystème. Ce modèle contribue à formaliser le secteur du transport, à créer des emplois et à faire émerger une économie décentralisée, portée par des entrepreneurs ivoiriens. Nous avons vu émerger et se structurer de nombreuses entreprises locales de transport, créant un effet multiplicateur sur l’emploi.
Notre écosystème génère également des opportunités dans l’automobile, la maintenance, l’assurance et le financement, contribuant à une autonomisation économique durable de tous les acteurs engagés dans cet écosystème. Nous avons aussi signé un protocole d’accord avec le ministère de l’Emploi et de la Protection sociale pour intégrer les chauffeurs et coursiers partenaires au régime social des travailleurs indépendants, à la CMU et garantir des revenus stables.
Qu’avez-vous fait avec les autorités pour accompagner la transformation digitale du transport ?
L’inauguration de notre bureau régional en juillet 2025, en présence des autorités, a symbolisé notre engagement institutionnel. Nous avons renforcé notre partenariat avec le ministère de l’Emploi et de la Protection sociale des partenaires et collaboré avec d’autres ministères sur l’adressage numérique et la formation. Nous avons également mené des actions de terrain, notamment des grandes journées de sensibilisation à la sécurité routière avec le ministère des Transports, l’OSER et la Croix-Rouge.
En mars 2025, Yango Group a lancé Yango Ventures, un fonds de capital-risque d’entreprise destiné à accompagner les startups prometteuses en Afrique Sub-saharienne. Yango Ventures a pour mission de stimuler l’innovation locale et la croissance entrepreneuriale en apportant non seulement des financements, mais aussi en tirant parti de son expertise et de son vaste réseau, afin de créer des opportunités de croissance durable pour les startups au sein de leurs communautés.
Le digital est tributaire de la qualité de l’accès à internet. Quels sont défis et solutions ?
La connectivité reste inégale en dehors d’Abidjan. Pour y répondre, nous avons optimisé notre application afin qu’elle fonctionne même avec une connexion limitée et une faible consommation de données. Nous investissons également dans la cartographie locale : chaque trajet améliore notre connaissance du territoire, au bénéfice de l’ensemble de l’écosystème numérique via nos services de navigation. En parallèle, nous collaborons avec les opérateurs télécoms et nous plaidons pour des investissements accrus dans les infrastructures numériques.
Quelle est votre vision pour Yango Côte d’Ivoire dans les 5 prochaines années ?
Au cours des 5 prochaines années, notre ambition est de positionner Yango comme un partenaire technologique clé de la transformation numérique et économique de la Côte d’Ivoire. Nous voulons consolider Yango comme une SuperApp de référence, en étendant progressivement nos services sur l’ensemble du territoire et en développant des solutions innovantes en matière de mobilité, de logistique et de services numériques.
Cette vision s’accompagne d’un engagement en faveur de la transition vers des mobilités plus durables, du soutien à l’écosystème entrepreneurial local via Yango Ventures et de la formation de milliers de talents à travers le Yango Fellowship. Yango entend jouer un rôle structurant dans l’écosystème numérique ivoirien et contribuer à l’émergence d’une économie plus connectée, inclusive et durable, tout en renforçant le positionnement d’Abidjan comme hub technologique en Afrique francophone.



































