Le ministre des Postes et Télécommunications de l’Algérie, Ali Zerrouki, a annoncé le lancement officiel du réseau mobile 5G. La cérémonie organisée au Centre international de conférences Abdelatif Rahal ce 05 décembre 2025 a réuni opérateurs, régulateurs et membres du gouvernement.
L’Algérie lance officiellement son réseau mobile 5
3 opérateurs (Mobilis, Djezzy et Ooredoo) ont présenté des mécanismes pour permettre aux citoyens et aux entreprises de basculer vers réseau 5G sans surcoût ni changement de carte SIM. Les forfaits existants sont automatiquement compatibles et les smartphones adaptés sont déjà disponibles sur le marché.
Le plan de déploiement est progressif. 8 wilayas couvertes dès la première année, 18 au bout de deux ans, puis une extension nationale visant 95 % de couverture en huit ans. La priorité est donnée aux zones urbaines, aux pôles économiques et aux zones industrielles, avec des débits allant jusqu’à 1 Gb/s et une latence inférieure à 10 millisecondes. L’Algérie inscrit ainsi la 5G dans une stratégie globale, associée à l’IA, au cloud et à l’industrie 4.0, avec des applications attendues dans la santé, l’éducation et la mobilité intelligente.
En Côte d’Ivoire pendant ce temps… le signal reste en attente
À Abidjan, la 5G reste une promesse. Les opérateurs ont mené des tests, notamment en marge de la CAN 2024, mais aucun calendrier officiel n’a été fixé. L’Autorité de Régulation des Télécommunications (ARTCI) a annoncé en juillet 2025 que le réseau 5G serait déployée avant la fin de l’année, mais l’attente persiste.
Le pays dispose pourtant d’un écosystème numérique dynamique : plus de 40 millions d’abonnements mobiles, une forte pénétration de la 4G, et une explosion des fintechs et services numériques. La stratégie nationale de l’Intelligence artificielle évoque la modernisation des infrastructures et l’inclusion digitale, mais sans échéancier précis pour la 5G.
Les défis sont nombreux ; coût des smartphones compatibles, infrastructures de fibre optique encore limitées, régulation à préciser, et inclusion des zones rurales. La question centrale reste celle de l’accessibilité : comment garantir que la 5G ne soit pas réservée aux grandes villes comme Abidjan, mais qu’elle bénéficie aussi aux zones moins desservies ?
Perspectives pour l’écosystème ivoirien
L’Algérie avance avec une feuille de route étatique, claire et progressive, qui associe la 5G à une vision économique et industrielle. En Côte d’Ivoire, la dynamique est mise en avant par les opérateurs et les promesses institutionnelles, mais sans plan détaillé ni calendrier officiel. Ce contraste illustre deux visions : l’une qui positionne la 5G comme le point focal de la modernisation économique, l’autre qui peine encore à transformer l’annonce en stratégie nationale.
La 5G pourrait être un catalyseur pour la santé, l’éducation, la mobilité et la culture. Dans les zones rurales, elle ouvrirait la voie à la télémédecine et au suivi connecté des patients. Dans les écoles et universités, elle permettrait des classes virtuelles et des contenus immersifs. À Abidjan, elle pourrait soutenir le développement de smart cities et améliorer la gestion du trafic.
Enfin, dans le domaine culturel et du divertissement, elle offrirait des expériences de streaming haute qualité, de gaming et de réalité augmentée. Mais pour que ces promesses deviennent réalité, la Côte d’Ivoire devra clarifier sa feuille de route, investir dans les infrastructures et garantir une adoption inclusive.
Ornella Izaï



































