Ce mardi 6 mai 2025, s’est ouvert à Abidjan le Marché africain des solutions spatiales (MASS), jusqu’au 8 mai. Un rendez-vous inédit, co-organisé par quatre ministères : Transition numérique et Digitalisation, Enseignement supérieur et Recherche scientifique, Défense et Commerce et Industrie, autour du thème : « Les solutions spatiales pour le développement socio-économique ». Aux côtés des organisateurs, l’Agence spatiale africaine, partenaire stratégique, apporte son expertise.
22 milliards de dollars dans le spatial en 2026, 0,02 % pour l’Afrique
Le décor est planté par Yaya Sylla, directeur général de Sah Analytics : « Le ciel n’est pas une limite, mais un point de départ ». L’industrie spatiale africaine pèsera 22 milliards de dollars de bénéfices nets dès 2026, pour seulement 20 000 emplois créés à ce jour.
Pourtant, l’Afrique ne capte que 0,02 % de cette manne, une poussière d’étoile dans une galaxie de données et de profits détenus par les grandes puissances et les multinationales. Une situation que l’Agence spatiale africaine veut inverser, à en croire Tidiane Ouattara, président du Conseil spatial africain.
56 satellites lancés par 17 pays africains, une croissance de 10 % par an
L’industrie spatiale africaine monte en orbite. Selon l’Union africaine, elle pesait 7 milliards de dollars en 2023, avec une croissance annuelle de 10 %. À ce jour, 56 satellites ont été lancés par 17 pays africains. Un décollage qui doit s’appuyer sur des réformes. En Côte d’Ivoire, une étape clé a été franchie avec la loi 352 du 6 juin 2024, qui intègre officiellement les acteurs satellitaires dans le cadre juridique ivoirien.
Le ministre de la Transition numérique et de la Digitalisation, Kalil Konaté, souligne la dimension stratégique du spatial dans les domaines de l’agriculture intelligente, la sécurité, la prévention des catastrophes, la surveillance environnementale et de l’aménagement urbain.
Création prochaine d’une Agence spatiale ivoirienne
Le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Adama Diawara, a profité du MASS pour annoncer la création imminente de l’Agence spatiale ivoirienne, mais aussi la mise en place d’une école doctorale entièrement dédiée à la physique de l’atmosphère.
Le but est de former localement les futurs ingénieurs, analystes et chercheurs spatiaux.
Un hackathon riche en solutions
Moment fort de cette première journée, le hackathon a mobilisé les jeunes talents de sorte à proposer des solutions concrètes basées sur l’intelligence artificielle et les données spatiales. Et les résultats sont au rendez-vous.
En agriculture, des plateformes intelligentes ont été conçues pour surveiller en temps réel l’état des cultures du cacao et de l’anacarde, détecter les signes de stress hydrique et alerter les producteurs. Dans le secteur de l’énergie, des algorithmes identifient les zones optimales pour l’implantation de panneaux solaires ou d’éoliennes, pour simplifier l’électrification rurale.
Sur les routes, les données géo-spatiales croisées à l’IA permettent de cartographier les zones accidentogènes, améliorer l’entretien routier et renforcer la prévention. Et face aux défis climatiques, des systèmes d’alerte précoce ont été mis au point pour anticiper les inondations et les feux de brousse. Pour rendre tout cela possible, le Centre national de calcul de Bingerville mettra à disposition son supercalculateur de 322 téraflops.
James Kadié




































