Visa et Mastercard multiplient les partenariats avec les opérateurs télécom et les fintechs africaines, en général, ivoiriennes, en particulier, afin de capter la valeur générée par l’explosion du mobile money sur le continent. Derrière cette rivalité, la course à l’infrastructure de référence des paiements digitaux africains est lancée.
Une guerre d’alliances avec les opérateurs télécoms
En décembre 2025, Visa a conclu un accord avec Orange Money pour l’intégration d’une carte virtuelle dans Max it, la super-application du groupe français. Cette carte permet aux utilisateurs d’effectuer des paiements en ligne et à l’international sans disposer d’un compte bancaire classique.
En Afrique francophone, Visa est historiquement bien implanté. D’ailleurs, depuis septembre 2025, ses activités en Afrique de l’Ouest et centrale sont pilotées par Aminata Kane Ndiaye, ex-directrice générale d’Orange Money. Quant à Mastercard, il a des alliances avec MTN MoMo, Airtel Money et des banques digitales dans des pays anglophones comme le Nigeria, le Kenya, le Ghana et l’Afrique du Sud, où il bénéficie d’un avantage historique.
Pour preuve, en Côte d’Ivoire, par exemple, le français Orange Money et l’américain Wave sont liés à Visa, quand Mastercard tient le sud-africain MTN Money et le marocain Moov money dans une répartition équitable.
485 millions de comptes mobile money en Afrique (GSMA)
Avec plus de 485 millions de comptes mobile money enregistrés en Afrique, selon la GSMA, le continent représente aujourd’hui le premier marché mondial des portefeuilles électroniques. Longtemps cantonnés aux transferts domestiques, ces services évoluent désormais vers des usages plus sophistiqués :
- Paiements marchands,
- E-commerce transfrontalier,
- Cartes virtuelles,
- Micro-crédit et épargne,
- Intégration aux plateformes internationales.
Visa et Mastercard cherchent ainsi à devenir la passerelle incontournable entre le mobile money africain et l’économie mondiale.
La menace des QR Code, banques numériques, PI-SPI de la BCEAO
Il n’en demeure pas moins que ces deux rivaux internationaux sont sous la menace des réseaux domestiques qui développent des QR codes locaux, du système de paiement instantané interbancaire de la BCEAO (PI-SPI) et des banques numériques comme Wave Bank, OPay, PalmPay qui pourraient, plus tard, réduire la dépendance aux cartes internationales.
D’ailleurs, en Côte d’Ivoire, au Sénégal ou au Nigeria, plusieurs autorités monétaires et les banques centrales encouragent plutôt des solutions locales afin de préserver la souveraineté financière et de limiter les coûts de transaction.
Au final, dans cette bataille entre Visa, Mastercard, QR Code locaux, système PI-SPI et banques numériques, le vainqueur sera celui qui saura s’intégrer aux usages domestiques, réduire les coûts pour les petits commerçants, accompagner les régulateurs, et coexister avec les solutions africaines
K. Bruno
(Source Jeune Afrique)



































