Next Fintech Forum 2025 : Appel à la mutualisation des KYC pour la sécurité des transactions

La complexité du défi de l’identification des clients des fintech

Next Fintech Forum 2025 Appel à la mutualisation des KYC pour la sécurité des transactions

Next Fintech Forum 2025 Appel à la mutualisation des KYC pour la sécurité des transactions

La mutualisation des données Know Your Customer (KYC) ou « Connais ton client » dans l’écosystème des fintech de la zonel’UEMOA (Union monétaire et économique Ouest-africaine) est défi à relever. L’objectif, c’est la sécurité des transactions, l’évitement des clients à risques, la lutte contre la fraude à l’identité et des gains financiers sûrs.

La complexité du défi de l’identification des clients des fintech

Réunis à Dakar dans le cadre du Next Fintech Forum 2025, des experts des fintech de l’UEMOA (Union monétaire et économique Ouest-africaine) ont alerté sur la nécessité, pour les acteurs des services financiers numériques, d’œuvrer ensemble pour une mutualisation des KYC (Know Your Customer). L’objectif de la mutualisation des identifications des clients vise, selon eux, à protéger les données et à favoriser l’inclusion financière dans leur espace commun.

Cette alerte aux acteurs des technologies financières a été faite par le président de la Fédération des fintech burkinabé, Mahamadi Rouamba, à l’ouverture du 7ème Forum des Fintech de l’UEMOA ou Next Fintech Forum qui s’est tenu ce jeudi 20 novembre 2025, à Dakar. « Le risque d’une absence de KYC, c’est la fragmentation des marchés. Chacun a ses propres données. Le problème, c’est que quand vous avez un client indélicat, vous ne pouvez pas partager les informations sur lui, puisque vous êtes seul à le savoir. La fragmentation des données fait qu’on ne peut pas savoir que tel client n’est pas recommandable », a-t-il prévenu.

Mutualisation des KYC pour sécuriser les transactions

Au cours d’un panel dédié à cette problématique des KYC, les acteurs des fintech étaient unanimes à reconnaitre qu’une mutualisation des identifications des clients « favorisera la sécurité des données et l’inclusion financière ». Ils ont, cependant, souligné des défis à relever. « Il nous faut harmoniser la réglementation, en tenant compte de la législation en vigueur dans chaque pays. Il nous faut aussi une surveillance transfrontalière pour avoir un œil sur ce qui est fait. C’est une question de sécurité, de confiance », a précisé Luc Kpenou, expert en services numériques.

Autre défi, selon Mahamadi Rouamba, c’est qu’avant de mutualiser les KYC, il y a un passage obligé. Celui de l’autorisation de la BCEAO (Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest).

« Il faudrait que cela soit autorisé au niveau la Banque centrale. C’est seulement après qu’on pourra parler de KYC mutualisés pour que les API (la manière dont les données doivent être utilisées) soient standardisées pour tout le monde. Cela rendrait les échanges de données transparents », a-t-il indiqué.

Responsable des politiques publiques d’Afrique francophone de la fintech Wave, Awa Gueye Ba, a, quant à elle, fait observer qu’il faut « sécuriser les flux financiers et rendre la région UEMOA plus stable » pour créer un cadre favorable à la mutualisation des identifications des clients. Dans le même ordre d’idées, Luc Kpenou soutient que, pour mutualiser les KYC, il faut construire « un mur de confiance » entre tous les acteurs. « Quand une banque ou une fintech refuse de partager ses informations, il faut la convaincre », a plaidé l’expert en services numérique, ajoutant également qu’il faut « trouver un cadre réglementaire pour montrer aux acteurs qu’ils ont intérêt à agir dans le bon sens ».

Fintech : un KYC pour tous, un gain pour chacun

Pour Mahamadi Rouamba, seuls des KYC mutualisés permettront de lutter contre la fraude à l’identité. Il s’ensuivrait alors des gains financiers pour les acteurs de l’écosystème, et l’inclusion financière des populations de la zone.

« Là où il y a la bonne information, c’est là où il y a l’argent. Ça veut dire que si vous dites à quelqu’un de créer un compte dans un système qui va gérer son argent, il mettra beaucoup d’égard pour fournir les bonnes informations, parce qu’il sait que le jour où il aura un problème d’identité, il ne pourra plus accéder à l’argent », a-t-il argumenté.

Organisé par Alliance Fintech UEMOA, Next Fintech Forum se tient les 20 et 21 novembre à Dakar, avec pour thème : « Bâtir une stratégie Fintech régionale pour transformer les économies locales dans la durabilité et l’inclusion ». Ce forum vise la création « une feuille de route commune des fintech au niveau de l’UEMOA ».

Charles Kossonou, à Dakar

Quitter la version mobile