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Next Fintech Forum : « Les taxes peuvent tuer le secteur du mobile money », s’inquiètent les experts

Next Fintech Forum « Les taxes peuvent tuer le secteur des mobiles money », s’inquiètent les experts

Next Fintech Forum « Les taxes peuvent tuer le secteur des mobiles money », s’inquiètent les experts

Au Next Fintech Forum 2025, à Dakar, les acteurs du secteur ont exprimé leurs inquiétudes face aux dangers que peuvent constituer les pressions fiscales sur le mobile money. Ils craignent que ces taxes n’entravent l’inclusion financière dans l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA).

Les taxes sur le mobile money : un danger pour l’inclusion financière

Senior vice-président d’Ona Afrique (agrégateur de mobile money), Serges Doh a prévenu, lors d’un panel, ce 21 novembre 2025, sur les risques que constituent les taxes sur la monnaie électronique.

« La pénétration des mobiles money est plus élevée que les comptes en banque. La raison pour laquelle nous avons une meilleure inclusion dans les mobiles money, c’est le pouvoir d’achat ou le coût et l’accessibilité. Si on veut encore rajouter les taxes tous azimuts, on va assister à l’exclusion financière », a-t-il mis en garde, estimant qu’il ne « faut pas tuer cette niche».

Dans le même ordre d’idées, Ousmane Senghor, expert en fiscalité numérique, a réagi : « Les taxes sur les mobiles money peuvent rendre les services trop coûteux pour les populations à faibles revenus. Au lieu de favoriser l’inclusion financière, on risque de créer l’effet inverse c’est-à-dire l’exclusion financière », soutient-il.

Le plaidoyer pour l’inclusion financière par les mobiles money

En se basant sur l’exemple du Sénégal, qui a décidé d’augmenter les taxes mobiles money pour améliorer ses finances publiques, Serges Doh invite à « toujours continuer la négociation avec les autorités gouvernementales » pour les amener à abandonner l’idée des taxes, peu importe le pays. « Il ne faut pas s’arrêter, il ne faut jamais se fatiguer », a-t-il plaidé.

De son côté, Ousmane Senghor estime que « la levée des barrières fiscales peut libérer le potentiel économique » des populations. Les taxes « découragent les populations, surtout celles en milieu rural. Mais, c’est à nos gouvernants de comprendre cette situation », a-t-il dit.

En 2023, l’UEMOA comptait environ 209 millions de comptes de monnaie électronique, soit une augmentation de 33 % par rapport à 2022. Cela représentait environ 2,5 comptes par personne adulte, signe d’une multi-bancarité croissante et du succès de la monnaie électronique dans la région. Les établissements de monnaie électronique (EME) dominent le marché avec 73 % des comptes ouverts, principalement portés par les grands groupes comme Orange, MTN et Wave. Les banques, quant à elles, représentent 26 % des comptes.

Charles Kossonou, à Dakar

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