Pour Philippe Moh, directeur de Data354, l’accès à la donnée est un défi à relever pour développer des solutions IA adaptées aux besoins des sociétés. Il s’explique dans ces propos recueillis au lancement de Data Without Borders, consacré au partage et à la régulation des données en Afrique, le 5 février 2026 à Abidjan.
« La donnée est un élément clé à l’IA »
« Il s’agit de créer un cadre de partage de données, en confiance et en toute sécurité. La donnée est un élément clé à l’IA et ces données-là sont générées dans plusieurs secteurs d’activité, agriculture, santé, climat, environnement etc. Cette donnée, il faut pouvoir l’exploiter, et pour l’exploiter, il faut la rendre accessible, et pour la rendre accessible, il faut créer un cadre. D’où la réflexion que nous avons.
Nous avons mis les startups au centre de nos échanges. Les startups, c’est agile, c’est innovant. Quand elles ont accès à la donnée, elles peuvent construire des modèles rapides et efficients qui peuvent répondre à beaucoup de challenges que nous avons dans nos sociétés. Donc, ce débat sur la donnée, l’accessibilité de celle-ci, dans sa collecte, dans son coût, et tout ça, c’est toute une série de problématiques auxquelles on doit répondre, pour permettre aux startups d’y avoir accès, pour développer des modèles d’IA qui répondront aux challenges de nos sociétés ».
Protection des données, oui mais…
Ça dépend du type de données. Bien entendu, il y a une série de classifications. Il y a des données ouvertes, donc accessibles à tous. Il y a des données privées, des données totalement confidentielles. En Côte d’Ivoire, on a une législation sur la protection des données. Il faut se référer à cette loi. Il n’empêche que, même si la donnée est sensible et qu’elle doit être protégée, on peut créer un cadre de confiance pour permettre à des acteurs comme des startups ou à des acteurs de développement d’outils d’IA d’accéder à ces données pour innover parce qu’on ne peut pas arrêter la technologie. Il faut avoir cette technologie-là. Il faut développer ces outils-là. Ces outils-là se nourrissent de données. Il y a des méthodes précises, justement, pour permettre ces accès-là, même aux données sensibles.
Propos recueillis par Ladji Méité



































