Le numérique est au cœur de la Refondation ivoirienne que propose le MGC, le parti de Simone Gbagbo. Que dit alors le programme de la candidate à l’élection présidentielle d’octobre 2025, en Côte d’Ivoire, sur l’économie numérique ?
Dans son programme de gouvernement 2025, structuré autour de sept engagements, le Mouvement des Générations Capables (MGC), conduit par la candidate Simone Ehivet Gbagbo, érige le numérique en levier de transformation. De l’administration à l’économie, de la culture à la santé, la candidate à l’élection présidentielle fait du digital un outil de souveraineté, d’efficacité et d’inclusion.
Open data, portail budgétaire, digitalisation de l’administration (pages 3 à 6)
L’état des lieux dressé par le MGC est sans détour : une administration héritée du colonialisme, minée par la corruption, le népotisme et l’opacité. La candidate dénonce une fonction publique démotivée, une diplomatie dépendante et des forces de sécurité politisées. Face à ce constat, Simone Ehivet Gbagbo décide de « moderniser et digitaliser l’administration », en s’appuyant sur plusieurs projets structurants :
- Recrutement par concours modernisés, garantissant anonymat, digitalisation et automatisation ;
- Open Data et plateformes de suivi des projets publics, avec cartographie en temps réel ;
- Portail budgétaire en ligne, systèmes de dénonciation numérique et protection des lanceurs d’alerte ;
- Digitalisation de l’administration et de l’économie avec un cadre réglementaire renforcé (protection des données, cybersécurité) ;
- Simplification administrative par l’allègement des procédures et la digitalisation des formalités.
Des infrastructures numériques pour soutenir la digitalisation (pages 7 à 11)
Sur l’état des lieux : le MGC constate une croissance peu inclusive, une agriculture fragilisée, une industrialisation faible et des inégalités régionales persistantes. Pour y répondre, la candidate Simone Ehivet Gbagbo propose de soutenir la digitalisation de l’économie à travers des infrastructures numériques.
Création d’usines de montage informatique, de centres technologiques (pages 12 à 15)
Dans le secteur industriel ivoirien, Simone Gbagbo fait un état. Elle constate que ce secteur participe pour 22 % du PIB. Il reste dominé par l’agroalimentaire et les industries extractives. Le Mouvement des Générations Capables (MGC) ambitionne de porter cette part à 30 % en cinq ans. Pour ce faire, l’ex-Première Dame compte de miser sur l’innovation technologique par la :
- Création d’usines de montage informatique, électroménager et véhicules ;
- Octroi de stages internationaux en technologies et innovation pour les jeunes et les formateurs ;
- Création de centres technologiques régionaux et Fonds d’Innovation Industrielle pour les PME ;
- Création d’un Observatoire National des Sciences Technologiques et de l’Innovation pour piloter la recherche appliquée.
Télémédecine et IA dans le secteur de la santé (pages 16 à 20)
Il faut dire que le programme social du MGC repose sur la justice, l’équité et la solidarité. Si le numérique n’y est pas central, il est mobilisé dans deux domaines clés :
- Télémédecine et intelligence artificielle pour améliorer le diagnostic médical et faire de la Côte d’Ivoire un hub régional ;
- Plateforme numérique de suivi des financements pour la protection de l’enfance.
Bibliothèques virtuelles, codifier les langues ivoiriennes (pages 22 à 25)
Le MGC constate une faiblesse des mesures administratives pour protéger le patrimoine culturel, une absence de règles contraignantes et politiques incohérentes, un manque d’infrastructures et la marginalisation des langues locales. Ainsi, la candidate du MGC décide de :
- Développer des bibliothèques virtuelles et des outils numériques pour la recherche culturelle ;
- Codifier scientifiquement les langues ivoiriennes pour leur adaptation au numérique et à l’intelligence artificielle ;
- Créer une plateforme numérique interactive pour valoriser le patrimoine culturel et touristique.
Infrastructures multimédias dans les établissements scolaires, accès numérique aux manuels scolaires (pages 27 à 28)
Le diagnostic du Mouvement des Génération Capable (MGC) dans l’éducation, la formation et la recherche scientifique est sévère. En effet, le MGC estime que les salles de classes sont surchargées en Côte d’Ivoire, que les enseignants sont mal formés, qu’il y a un taux élevé d’abandons scolaires et que l’alphabétisation stagne. Pour cela, Madame Simone Gbagbo décide de :
- Créer des infrastructures multimédias dans les établissements scolaires ;
- Donner un accès numérique aux manuels scolaires et introduire de nouvelles méthodes pédagogiques ;
- Réformer l’alphabétisation avec 2 555 centres bilingues (langues locales + français) et l’usage du numérique (radios, applis, smartphones).
Une Côte d’Ivoire souveraine, influente et solidaire dans le monde (page 29)
Le septième engagement du MGC, quant à lui, est davantage géopolitique. Il ne développe pas de stratégie numérique spécifique. Il évoque en revanche la volonté de « maîtriser les leviers d’information socioéconomiques et politiques » et de garantir une communication souveraine.
Que retenir de la vision de Mme Simone Gbagbo du numérique ?
En filigrane de chaque engagement, le numérique apparaît comme un outil de transformation et un symbole de souveraineté. En décidant de créer une usine de montage informatique, de codifier les langues locales par l’IA, d’encourager la télémédecine ou encore de généraliser l’Open Data, Mme Simone Ehivet Gbagbo inscrit son projet dans une logique d’émancipation technologique. Le Mouvement des Générations Capables (MGC) entend ainsi faire du digital non seulement un levier de modernisation, mais aussi de développement socio-économique.
Mathieu Kouamé




































