Il a fallu au Sénégal 5 ans pour rendre opérationnelle sa Loi Startup ou Startup Act. Celle-ci a été présentée à Next Fintech Forum 2025, à Dakar, par Khadija Thouré en charge de cette question au ministère du Numérique du Sénégal. Comment sera géré le fonds de fonds de la Start-up Act ? Des éléments de réponses…
La Loi Start-up ou Start-up Act du Sénégal, votée en 2020, est, finalement, entrée dans sa phase opérationnelle, le jeudi 20 novembre 2025, avec une cérémonie de lancement, à Dakar. Le lendemain 21 novembre 2025, les principales articulations de cette loi ont été présentées par Khadija Thouré, responsable des investissements et des startups au ministère de la Communication, des Télécommunications et du Numérique du Sénégal, devant l’assemblée de Next Fintech Forum 2025 qui se tenait à Azalaï Hôtel, Sénégal.
Loi startup Act, version sénégalaise
Par l’opérationnalisation de la Loi Startup Act, l’État du Sénégal reconnaît les acteurs de l’innovation que sont les startups, les SAE, les investisseurs. Il leur donne ainsi un cadre de « remontée en compétences et de création de valeur ». Dans ce cadre, les fintech, selon Khadija Thouré, ont « une part fondamentale » à prendre et à exploiter. Et selon elle, la Loi Startup Act définit la startup, version sénégalaise : jeune entreprise de moins de 8 innovante, à la recherche d’un modèle disruptif, qui a un potentiel de croissance, d’impact et qui est portée par des Sénégalais.
A jeunes pousses ainsi identifiées et labellisées ainsi qu’aux SAE, l’Etat du Sénégal offrira « des incitations fiscales, sociales, douanières, financières, mais aussi de renforcement de capacités ». Ces startups évolueront dans une gouvernance clarifiée, notamment autour du décret d’application de février 2025. « Enfin, la Start-up Act, c’est également un fonds de fonds avec une taille cible de 100 millions de dollars qui va être posée l’année prochaine et qui permettra justement de renforcer financièrement ces startups labellisées, mais également de renforcer l’écosystème de financement du Sénégal et au-delà », a expliqué celle qui est aussi en charge de l’opérationnalisation de la Startup Act au Sénégal avec l’ACR (Commission d’évaluation, d’appui et de coordination).
Comment sera géré le fonds de fonds de la Start-up Act ?
Ce fonds de fonds a vocation à renforcer l’écosystème de l’investissement au Sénégal. Les critères d’éligibilité et le modèle de gestion ne sont certes pas encore définis. Toutefois, Khadija Thouré prévient qu’il ne sera pas géré par l’État, plutôt par un gestionnaire de fonds.
« Nous savons quelles sont les orientations stratégiques du fonds. Nous travaillons à permettre aux SAE sur place d’évoluer vers le statut d’investisseurs parce que c’est la psychologique de leur activité. Et, si ça se passe comme prévu et planifié, ce sera à eux de financer l’idéation, le prototypage, l’accélération, la croissance, etc. », a-t-elle précisé.
Pour le reste, elle a rappelé que la Startup Act a été impulsée par les acteurs sénégalais. « On a vu ce qui s’est fait ailleurs, mais on s’est collés à notre réalité pour créer ce cadre de promotion des startups. Donc, en termes comparatifs, il y a des similarités avec ce qui se fait ailleurs, mais cette loi est adaptée à l’ensemble des Sénégalais. C’est ce qui nous permet d’opérationnaliser, peut-être différemment de ce qui est fait dans d’autres pays (…) Mais tout ceci concoure à positionner le Sénégal comme un hub technologique et d’innovation et permet aux savoir-faire sénégalais de s’exprimer », a souligné Khadija Thouré.
K. Bruno – Envoyé Spécial à Dakar pour Digitalmag.ci
