Récap de l’actualité du numérique de la semaine en Côte d’Ivoire

Selon la Banque mondiale, l’économie numérique pourrait rapporter plus de 20 milliards $, soit 12.000 milliards FCFA, à la Côte d’Ivoire d’ici à 2050

Récap de l’actualité du numérique de la semaine en Côte d’Ivoire

La Banque mondiale qui prête de l’argent à la Côte d’Ivoire pour digitaliser ses services publics et la monétisation des contenus culturels sont au cœur de l’actualité digitale de la semaine. L’IA, la donnée, le GITEX du Maroc, la formation des femmes ainsi que l’ouverture d’un call center à Bouaké ne sont pas moins intéressants.

La Banque mondiale prête 83,3 milliards FCFA pour sa transformation numérique

La Banque mondiale prête 83,3 milliards FCFA pour sa transformation numérique
La Banque mondiale prête 83,3 milliards FCFA pour sa transformation numérique

Le gouvernement ivoirien a approuvé, en Conseil des ministres, le 4 février, un prêt de 83,3 milliards CFA (152 millions USD). Cette somme devrait servir au financement de la 1ère phase du Projet d’accélération digitale en Côte d’Ivoire (PADCI) par le renforcement de l’usage inclusif d’internet haut débit et des services numériques dans les secteurs sociaux.

« À terme, ce projet (PADCI) permettra d’accélérer la numérisation des services publics, d’étendre la connectivité haut débit aux établissements d’enseignement, centres de santé, centres sociaux, mairies, sous-préfectures, tribunaux, bureaux de poste, directions régionales, et d’améliorer l’accès aux services publics numériques des populations éloignées et vulnérables », indiquent les autorités. Le PADCI prévoit aussi de fournir de l’assistance technique et des équipements pour rendre opérationnelles des agences numériques et des instances de gouvernance de l’IA. Enfin, il prévoit le développement de compétences numériques avancées et intermédiaires, en ciblant les jeunes et les femmes du pays, en particulier.

Selon la Banque mondiale, l’économie numérique pourrait rapporter plus de 20 milliards $, soit 12.000 milliards FCFA, à la Côte d’Ivoire d’ici à 2050, si le gouvernement et le secteur privé investissent plus dans les 5 piliers de l’économie numérique : législation, infrastructures, formation, services numériques et cybersécurité. En décembre 2025, 232 services publics administratifs étaient disponibles en ligne, comme l’état civil, la justice, l’éducation, la santé et l’agriculture. La couverture internet des structures par la première phase du PADCI s’inscrit dans cette logique de digitalisation.

Il reste, toutefois, plusieurs défis à relever : couverture internet dans les zones reculées, disponibilité d’appareils connectés, accessibilité financière des offres internet, et compétences numériques de base. Selon l’UIT, les réseaux 2G, 3G et 4G couvraient respectivement 98,9 %, 98,3 % et 93,7 % de la population. Malgré ces taux élevés, des zones blanches subsistent. L’UIT estimait le taux de pénétration d’internet à 40,7 % en 2023. La Côte d’Ivoire est 124e sur 193 pays en 2024 à l’Indice de développement de l’e-gouvernement des Nations unies, avec un score de 0,5587 sur 1, au-dessus de la moyenne africaine mais en dessous de la moyenne mondiale.

 La bataille de la monétisation des contenus numériques ouverte

La bataille de la monétisation des contenus numériques ouverte

Le gouvernement ivoirien veut faire de la monétisation des contenus numériques une réalité à l’horizon 2026, en réponse aux attentes des acteurs de la culture, de la musique et des médias. Ainsi, la ministre de la Culture et de la Francophonie, Françoise Remarck, a engagé, le 2 février 2026, des discussions avec la Haute autorité de la communication audiovisuelle (HACA) ainsi que plusieurs partenaires du secteur, afin de définir des mécanismes de valorisation des contenus numériques produits localement.

La démarche vise à mettre en place un cadre réglementaire et opérationnel permettant de capter et de redistribuer une part significative des revenus issus de l’écoute en ligne, du streaming musical, de la vidéo et des contenus audiovisuels. L’exécutif entend ainsi structurer un écosystème dans lequel les plateformes numériques, locales comme internationales, rémunèrent les artistes et créateurs selon des règles claires, tout en renforçant la régulation des droits d’auteur et des contrats de distribution.

Selon le « Global Music Report 2025 » de la Fédération internationale de l’industrie phonographique (IFPI), l’Afrique subsaharienne a enregistré en 2024 une croissance de 22,6 % des revenus de la musique enregistrée. Le continent a atteint un niveau record de 110 millions USD (70 milliards FCFA), soit près de cinq fois la croissance mondiale, estimée à 4,8 % sur la même période. En Côte d’Ivoire, les plateformes de streaming musical telles que Boomplay, Spotify, Apple Music ou Deezer gagnent du terrain.

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L’écosystème numérique au chevet de la donnée

L’écosystème numérique au chevet de la donnée

Dans le cadre du programme AI for Startups et à l’initiative de Digital Africa du programme européen Data Governance in Africa, une réunion s’est tenue le 5 février 2026, à Abidjan, sur les enjeux du partage et de la gouvernance des données. Autour du thème : « Data Without Borders » (Data sans frontières), cette journée a réuni des startups, des décideurs publics et des acteurs du secteur privé. Tous avaient pour objectif de créer un espace d’intelligence collective autour de l’accès, du partage et de l’exploitation des données pour l’innovation.

« On est convaincu qu’énormément d’innovation et de création de valeur peut passer par l’exploitation des données. Mais aujourd’hui, l’un des principaux obstacles reste l’accès à des données suffisamment exploitables, notamment pour des usages en intelligence artificielle », a expliqué Jeanne Deghilage, Project Manager chez Digital Africa pour le programme AI for Startups.

Pour elle, la fragmentation des données et l’absence d’harmonisation dans les méthodes de collecte et de partage sont des défis à relever. D’où la réunion organisée avec les acteurs de l’écosystème afin de sortir des cas d’usage susceptibles de démontrer la valeur de la data pour le développement des startups du pays.

Sont visés les secteurs de l’agri-tech, de la climate-tech, de l’energy-tech, de la food-tech, où de nombreuses innovations reposent sur des données géo-spatiales, climatiques, satellitaires ou de capteurs qui offrent de grandes opportunités sans porter atteinte à la vie privée des individus.

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Appel à l’utilisation responsable de l’IA (Rotary clubs)

Appel à l’utilisation responsable de l’IA (Rotary clubs)

Les clubs Rotary de Côte d’Ivoire ont réaffirmé leur engagement en faveur de la paix et de la prévention des conflits, tout en appelant à une utilisation responsable de l’IA, à l’occasion d’un colloque organisé dans le cadre de la 43ᵉ Réunion inter-villes, le jeudi 5 février 2026, à Yamoussoukro.

Sous le thème : « La paix et la prévention des conflits, première cause prioritaire du Rotary », étaient présentes des personnalités institutionnelles, académiques et technologiques, dont Christophe Koreki, Secrétaire général de la Fondation Félix Houphouët-Boigny, Jean-Noël Loucou, Marie Irène Richmond Ahoua et l’expert en IA Hyacinthe Yapo.

Au cours des travaux, les échanges ont porté sur les défis liés à l’essor de l’IA : perte d’emplois, dépendance technologique, et confidentialité-sécurité des données. Les participants ont préconisé l’instauration de règles et de régulations pour encadrer son usage, davantage de transparence et de responsabilité, ainsi que le renforcement de l’éducation et de la formation.

4 startups ivoiriennes au GITEX Africa 2026 du Maroc

4 startups ivoiriennes au GITEX Africa 2026 du Maroc

Elles sont quatre les startups qui représenteront la Côte d’Ivoire au GITEX Africa du Maroc, du 6 au 9 avril 2026. Ce sont Tylimmo, Sikili, EnvoyX et Danaya. Elles ont été sélectionnées le 6 février 2026, à la suite de Pitch startup, qui a vu la participation d’une dizaine de startups devant un jury d’experts.

Tylimmo opère dans l’immobilier. C’est une marketplace pour digitaliser les transactions immobilières. Elle est dirigée par Steven Bédi, fondateur de la fintech Push Côte d’Ivoire. Sikili, elle, est une startup qui entend démocratiser l’accès aux technologies premium, 30% moins cher. Elle est spécialisée dans la tech reconditionnée en Afrique de l’Ouest.

Quant à EnvoyX, elle s’attaque au marché de l’affacturage. Elle propose des solutions pour simplifier les paiements et les remboursements dans le secteur de la santé. Enfin, Danaya adresse le marché de la conformité KYC/KYB par la vérification les identités (individu et entreprise) sur la base de documents.

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Un centre de relation client de Wave ouvert à Bouaké

Un centre de relation client de Wave ouvert à Bouaké

Wave Côte d’Ivoire a inauguré, le 6 février 2026, son centre de relation client, à Bouaké, au quartier Nimbo. Selon les responsables de la fintech, l’ouverture de ce centre s’inscrit dans le développement de la fintech.

« Il y a six mois, nous avons fait le choix de nous implanter à Bouaké et d’y installer notre premier site opérationnel en dehors d’Abidjan, sur la base d’une analyse rigoureuse du potentiel humain de la région et de la position de la ville », a dit le directeur général de Wave, Katier Bamba.

Selon lui, ce centre emploie déjà environ 330 collaborateurs, dont 70 femmes, majoritairement issues des écoles et universités de la région. Il traite chaque semaine près de 239 000 appels clients sur les 600 000 enregistrés au niveau national. De ce point de vue, Bouaké est « un maillon essentiel du dispositif de Wave en Côte d’Ivoire ». La cérémonie s’est déroulée en présence notamment d’autorités administratives et territoriales, de partenaires institutionnels, de leaders communautaires.

Formation de 1500 musulmanes au digital, à la 8ᵉ édition du RIDWANE

Formation de 1500 musulmanes au digital, à la 8ᵉ édition du RIDWANE

1 500 musulmanes ont été formées, début février 2026, aux enjeux du digital, au Palais de la culture de Treichville, à l’occasion de la 8ᵉ édition du Forum annuel de la femme musulmane (RIDWANE). Sous le thème : « La femme musulmane à l’ère du digital : opportunités, défis et responsabilités », cette rencontre, rythmée par des panels, des communications et des échanges, a offert aux participantes un cadre de réflexion sur l’usage du numérique dans un monde en pleine mutation technologique.

Les intervenants ont abordé les possibilités offertes par le digital en matière de formation, d’entrepreneuriat et de leadership féminin. Ils ont aussi mis en garde contre les dérives sur réseaux sociaux, la désinformation, le cyber-harcèlement et l’exposition excessive de la vie privée. Organisé par l’association islamique « Le Voile, Ma Pudeur », il s’agit de préparer les musulmanes à devenir des actrices responsables du numérique, capables de concilier foi, modernité et engagement citoyen.

Au nom du président du COSIM, l’imam Cissoko Alassane, a exhorté les participantes à faire preuve de discernement et de responsabilité en ligne. Le Forum annuel de la femme musulmane (RIDWANE) a été créé en 2019.

Une sélection de K. Bruno

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