La Haute Autorité de la Communication Audiovisuelle (HACA) et le ministère de la Culture et de la Francophonie ont décidé de se pencher sur la rémunération des créateurs de contenus et influenceurs ivoiriens sur les plateformes numériques.
Le lundi 2 février 2026, à Abidjan, René Bourgoin, président de la HACA, et la ministre Françoise Remarck ont ouvert des discussions pour rendre possible la monétisation locale des contenus.
« Nous verrons au niveau de la HACA avec l’appui et l’accompagnement du ministère de la Culture, ce qu’il est possible de faire pour que ce dossier avance et qu’il soit adressé au plus tard en 2026 », a déclaré René Bourgoin. Une phrase qui sonne comme la promesse de ne plus laisser les créateurs ivoiriens produire sans retour financier direct.
Pourquoi cette réforme est primordiale ?
Aujourd’hui, les influenceurs ivoiriens cumulent des millions de vues sur TikTok, Instagram ou Facebook… mais ne touchent pas un centime des plateformes. Contrairement à leurs homologues d’Afrique anglophone, ils n’ont pas accès aux programmes de monétisation directe. Résultat : seuls les contrats d’égérie et les partenariats avec les marques permettent de transformer la visibilité en revenus. Un système fragile, réservé à quelques têtes d’affiche, et qui laisse la majorité des créateurs sur le carreau.
Ce que la HACA veut changer
La rencontre entre la HACA et le ministère de la Culture et de la francophonie vise à poser les bases d’une économie créative plus équitable. Les discussions ont porté sur trois points :
- rendre la monétisation effective sur toutes les plateformes numériques ;
- améliorer la rémunération des créateurs et ayants droit ;
- structurer une économie culturelle durable.
Une task force interministérielle devrait être mise en place pour définir les règles juridiques, techniques et économiques adaptées aux réalités ivoiriennes. En d’autres termes, il s’agit de créer un cadre qui oblige les plateformes à reconnaître et rémunérer les créateurs locaux.
Vers une souveraineté numérique culturelle made in Côte d’Ivoire
Pour les créateurs de contenus, cette annonce est une reconnaissance officielle de leur travail. Ce qui était hier un débat confiné aux réseaux sociaux devient aujourd’hui un dossier politique. L’État s’engage à négocier avec les géants du numérique pour que les vues, les likes et l’engagement des audiences ivoiriennes se traduisent enfin en revenus.
Les influenceurs, qui jusque-là dépendaient des marques pour survivre, pourraient bientôt voir leurs vidéos, leurs stories et leurs posts générer un revenu direct. Si la Côte d’Ivoire réussit ce pari, elle poserait les bases d’une souveraineté numérique culturelle, capable de transformer l’énergie créative locale en véritable industrie.
Pour l’instant, les regards sont tournés vers la HACA et le ministère de la Culture. Les créateurs attendent des actes concrets. Mais une chose est sûre, le débat sur la monétisation n’est plus cantonné aux réseaux sociaux. Il est désormais au centre des discussions institutionnelles.



































