Côte d’Ivoire : Pourquoi le déploiement du réseau mobile 5G traine-t-il ?

Malgré les annonces et les promesses, la 5G tarde à s’installer en Côte d’Ivoire. Bandes de fréquences, coûts et désaccords ralentissent le projet.

Côte d’Ivoire Pourquoi le déploiement du réseau mobile 5G traine-t-il

Côte d’Ivoire Pourquoi le déploiement du réseau mobile 5G traine-t-il

« Opportunités offertes par la téléphonie mobile 5G et les satellites en orbites basses pour le développement des services numériques ». C’était le thème d’un panel à Ivoire Tech Forum, le 9 juillet 2025. Les panelistes dont Daniel Anougba, chef du département autorisation et suivi des obligations à l’ARTCI, ont donné les causes du retard observé dans le déploiement de cette technologie en Côte d’Ivoire malgré les possibilités qu’elle offre en termes de connectivité.

Fin 2022, le gouvernement annonce le déploiement de la 5G dans les grandes villes de Côte d’Ivoire choisies pour accueillir les matches de la CAN 2023. L’attente est hélas vaine. Qu’est-ce qui a freiné le projet ? Daniel Anouba, chef du département autorisations et suivi des obligations à l’ARTCI, répond.

Un problème de bandes de fréquence

« Effectivement, à l’adoption de la feuille de route 5G en 2021, il était question de faire son déploiement sur la période de la CAN début 2023. Mais, dans les discussions avec les opérateurs, un certain nombre de sujets ont prolongé les échanges, notamment la mise à disposition des fréquences. Il faut savoir que si on veut atteindre des performances optimales avec les réseaux 5G, il faut aller sur des aspects de bandes de 100 mégahertz minimum. Donc, dans les échanges, il fallait s’accorder avec ces opérateurs-là. C’est ce qui a prolongé le délai du déploiement de la 5G ».

Ce qu’il faut comprendre. Avant la naissance d’un réseau, il faut des fréquences. A l’UIT, seule la Conférence mondiale des radiocommunications définit les bandes de fréquences utilisées pour ce genre de technologies. Selon Gabriel Koffi, directeur de la planification du spectre et des affaires internationales à AIGF (Agence ivoirienne de gestion des fréquences), il existe trois types de fréquences : les fréquences pour la couverture qui embarquent plusieurs personnes à la fois dans le réseau, les fréquences pour le haut débit ou fréquence de capacités, et les fréquences intermédiaires pour fournir à la fois de la couverture et de la capacité.

Un désaccord financier avec les opérateurs mobiles

« A l’AIGF, en 2020, des fréquences étaient disponibles dont celle des grandes capacités, les 26Ghz ; celles intermédiaires 3300-3600Mgz ; et celles de la couverture, les 500Mgz. En termes d’architectures, les fréquences sont disponibles, nous les avons mises à la disposition de l’ARTCI, à son tour, qui va les mettre à la disposition des opérateurs », soutient-il. Réaction instantanée de Daniel Anougba de l’ARTCI : « La planification de la Born Care pour le lancement de la 5G est la bande de fréquence 3300-3600. Celle-ci est aujourd’hui occupée par d’autres acteurs télécoms pour d’autres services. On doit réaménager cette bande et la rendre disponible pour les réseaux 5G ». Une opération en cours, assure-t-il.

Selon lui, « dans les discussions avec les opérateurs mobiles », malheureusement, il y a eu « des points de désaccord notamment sur les questions financières liées à la mise à disposition de ces fréquences ». « C’est ce qui a causé ce retard dans la mise en œuvre de cette technologie 5G. Mais, rassurez-vous, nous avons repris les échanges. La bande des fréquences a été réaménagée. Donc, je voudrais vous assurer que très prochainement, les populations pourront disposer des réseaux 5G et profiter pleinement des performances qu’offre cette nouvelle technologie en Côte d’Ivoire », promet le représentant de la ARTCI, Daniel Anougba.

En résumé, « l’ARTCI poursuit son action pour le déploiement de la 5G ». En deux étapes : rendre disponibles les bandes de fréquence et dérouler les modalités d’assignation des fréquences aux opérateurs mobiles. Et ça peut prendre du temps ! Pendant ce temps, les Ivoiriens s’impatientent.

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