Lors du SATIT 2026 (Salon de l’artisanat et du tourisme ivoiro-tunisien), des spécialistes ont partagé leurs réflexions sur l’IA, notamment sur ce qu’elle apporte dans certains secteurs spécifiques. Le panel portait sur le thème : « L’intelligence artificielle : menace ou opportunité pour l’artisanat et le tourisme ? ». C’était le 7 février 2026, à Ivoire Golf Club d’Abidjan.
Pour Héla Trabelsi, professeure & consultante en IA, l’IA apparaît dans le domaine de l’artisanat comme un outil de soutien. Elle permet aux artisans de gagner du temps en automatisant certaines tâches comme la création de contenus ou la réponse aux clients. Elle peut aussi booster la créativité en proposant une multitude de motifs ou de variantes pour inspirer l’artisan dans la modernisation de ses produits. Sans jamais remplacer la main et l’âme de l’artisan. « L’IA, en gros, elle va aider, mais elle ne va jamais remplacer la valeur et les mains d’un artisan », dit-elle.
L’IA, une technologie au service de l’artisanat
Toutefois, selon elle, l’utilisation de l’IA comporte des limites. Un outil d’intelligence artificielle comme Chat GPT ne peut pas reproduire l’émotion ou l’authenticité qui se trouve derrière un produit artisanal. Et plus l’on devient dépendant des algorithmes, plus cela a un impact négatif sur la diversité culturelle.
« Si tout le monde utilise le même algorithme, si tout le monde utilise les mêmes recherches, les mêmes outils, il n’y aura pas cette différence nécessaire quand j’achète quelque chose qui est fait par un artisan », prévient Héla Trabelsi.
La consultante en IA prévient également que si les savoir-faire traditionnels sont intégrés dans des systèmes numériques sans précaution, ils peuvent être copiés et exploités par des entreprises internationales, au détriment des artisans locaux. Ce qui amène le sujet de la protection des données.
Héla Trabelsi explique que la solution réside dans la formation. Pour elle, les artisans doivent apprendre à utiliser l’IA afin de se mettre à l’ère du numérique et être en mesure de préserver leur savoir-faire et leur patrimoine. L’artisan connecté est celui qui réussit à combiner tradition et modernité, tout en tirant parti des outils numériques.
« On demande à l’artisan qu’il garde son savoir-faire. Il faut juste qu’il soit un artisan connecté », précise-t-elle.
L’IA dans le tourisme : pour des résultats plus personnalisés
Au niveau du tourisme, Frank Marceau, conseiller technique au ministère de la Transition numérique et de l’Innovation technologique, a présenté quelques avantages de l’intelligence artificielle. Selon lui, elle aide à peaufiner les recherches en ligne et à fournir des réponses personnalisées aux voyageurs.
Pour être plus précis, au lieu de parcourir des dizaines de sites, l’utilisateur obtient automatiquement des suggestions adaptées à ses critères : type d’hôtel, budget, localisation, services. C’est un gain de temps. En plus cela améliore l’expérience client.
« En Côte d’Ivoire, l’intelligence artificielle la plus utile dans le tourisme, c’est celle qui aide à mieux accueillir, à mieux vendre, à mieux gérer, sans remplacer l’humain », soutient-il.
Cependant, utiliser l’IA, c’est aussi s’exposer à des risques. Les informations générées pouvant être inexactes ou trompeuses comme par exemple des descriptions erronées d’hôtels ou des horaires incorrects. Il y a aussi les données personnelles divulguées à l’IA, qui peuvent être stockées et réutilisées à d’autres fins. En fin de compte, pour que l’IA soit une opportunité dans le tourisme, elle doit être encadrée par l’homme et conforme aux lois. De ce point de vue, les acteurs du secteur ont besoin d’être formés afin d’utiliser l’IA tel qu’un outil complémentaire.



































