« En matière de pêche, on n’utilise pas n’importe quoi, et on n’utilise pas n’importe quelle méthode n’importe comment. ». Ce 24 avril 2025, lors de la cérémonie d’ouverture du Salon de la Pêche et de l’Aquaculture (Selab Fisheries Expo) qui prendra fin le 26 avril, le Premier Ministre Robert Beugré Mambé a jeté un pavé dans les eaux troubles du secteur.
Pour lui, « en matière de pêche, on n’utilise pas n’importe quoi, et on n’utilise pas n’importe quelle méthode n’importe comment. » Un tacle à peine voilé aux pratiques archéologiques qui ralentissent encore la filière, mais surtout un appel à l’action. Il faut intégrer l’intelligence artificielle dans le secteur. Le chef du gouvernement n’a pas fait que théoriser. Il a appelé les professionnels à s’appuyer sur les solutions numériques et l’IA pour mieux maîtriser l’évolution des poissons, optimiser leur alimentation et surtout, anticiper les risques sanitaires.
Optimiser la production grâce à l’IA
En 2023, la production aquacole était estimée à 105 219 tonnes À l’horizon 2030, le gouvernement ivoirien ambitionne d’atteindre de 500 000 tonnes de poissons, à en croire les propos du conseiller technique du ministre des Ressources animales et halieutiques, Ernest Kouakou, du mardi 21 novembre 2023. Il faut bouger les lignes, faire de l’IA un allié pour atteindre cet objectif.
C’est impératif. Depuis février dernier, un projet baptisé e-pisciculture a commencé à faire des remous du côté de l’École Supérieure Africaine des TIC (ESATIC), en partenariat avec le Centre de Recherches Océanologiques (CRO). Présenté lors du SIADE par le Dr Pandry Ghislain, ce programme a déjà posé les premières briques d’une pisciculture connectée.
Le projet e-pisciculture en 3 axes
Trois chantiers sont ouverts. Le premier concerne le contrôle de la qualité de l’eau, grâce à des capteurs qui mesurent le pH, le taux d’oxygène, la température et autres variables essentielles. Le second s’attaque à la détection des maladies. À l’aide d’algorithmes d’IA, les anomalies dans les comportements des poissons ou dans leur environnement sont détectées en amont, de sorte à cibler les traitements.
Enfin, la régulation de l’alimentation est automatisée. Les poissons sont nourris en fonction de leurs besoins réels et de la qualité du bassin. Tout cet équilibre est piloté par l’intelligence artificielle. La phase pilote de ce projet est en cours, à Dabou.
La volonté politique y est. Mais pour que la mayonnaise prenne, il faut aller plus loin. Former les acteurs, industrialiser les prototypes, et surtout, penser un écosystème numérique rural. Il faut le dire, l’intelligence artificielle exige une base technique solide, une bonne connectivité et une appropriation réelle par les acteurs du terrain.
James Kadié




































