La Société Nationale des Télécommunications du Sénégal (Sonatel), filiale du « Groupe Orange », a annoncé ce 21 février 2026, la mise en service du câble sous-marin 2Africa. Une infrastructure de connectivité « performante jamais déployée » sur le continent » africain selon SONATEL.
Lancé en 2020 dans « le cadre de la modernisation continue du réseau international » de la Sonatel, 2Africa a été progressivement mis en service depuis décembre 2025, selon un document de la structure consulté par Digitalmag.ci
2Africa : le nouveau hub numérique sénégalais et ouest-africain
2Africa est un câble de nouvelle génération. Performant, il se distingue par des caractéristiques uniques. Avec une longueur totale de 45 000 Km, il peut assurer une connectivité dans 33 pays (dont 23 en Afrique), répartis sur trois continents (Afrique, Europe et Asie). Il est constitué de 16 paires de fibres, alors que les anciens systèmes n’en comptaient que 2 à 8.
Le câble a aussi une capacité nominale de 180 térabits par seconde, ce qui le rend 10 fois plus performant que les systèmes précédents. 2Africa devient aussi le premier câble à desservir à partir de l’Europe toutes les côtes de l’Afrique, avec « des connexions supplémentaires » de l’Arabie Saoudite jusqu’en Inde.
Une plus-value pour les clients, les entreprises en termes de Connectivité
Alors que les câbles sous-marins transportent plus de 95% du trafic mondial de données. L’avènement de 2Africa « renforcera le déploiement de l’accès haut débit fixe et mobile pour des centaines de millions de personnes », selon la Sonatel. Il permettra aussi « d’accroître significativement la bande passante internationale disponible au Sénégal, d’améliorer la latence et de renforcer la continuité de service. Notamment en cas d’incident sur d’autres axes de connectivité (et) d’apporter des capacités supplémentaires au bénéfice des clients ».
Autrement dit, en cas de coupure sur un autre câble sous-marin (comme ACE ou MainOne), le trafic peut instantanément basculer sur cette nouvelle autoroute numérique, évitant ainsi l’isolement numérique du pays. Cela sécurise l’accès internet pour l’État, les banques et les citoyens.
Par ailleurs, la Sonatel assure que le modèle « Open acces », adopté par 2Africa, permettra aux opérateurs internationaux et aux fournisseurs d’internet d’avoir « un accès non discriminatoire à la capacité » du réseau. Pendant ce temps, des stations d’atterrissement dénommées « Carrier Neutral » seront « accessibles à l’ensemble des opérateurs » des télécommunications.
Positionner le Sénégal comme le hub numérique régional
Le câble sous-marin 2Africa représente un avantage majeur pour le Sénégal. Selon Fodé Yunouss, expert en technologies de données, le Sénégal « pourrait développer la télémédecine, l’e-éducation, l’entrepreneuriat numérique » dans plusieurs localités du pays.
«Avec le NewDeal Technologie et la Vison 2050 des nouvelles autorités du pays, le Sénégal deviendra une destination de choix pour l’installation de Data Centers internationaux et de services de Cloud. Naturellement, cette réalité va attirer les investisseurs, créer de l’emploi et de la forte croissance. Sans oublier la réduction éventuelle des coûts de l’accès à internet grâce à la concurrence. Le pays, qui ambitionne de se positionner comme le hub numérique régional, ne pouvait pas rêver mieux », analyse-t-il.
2Africa est un projet piloté par la Sonatel, au Sénégal. Cependant, le Consortium 2Africa est réuni autour de huit sociétés têtes de file. Parmi elles, il y a un géant du contenu (Meta), des opérateurs historiques (Orange, Telecom Egypt, China Mobile) et des spécialistes d’infrastructures de gros (WIOCC, Bayobab, Center 3). Elles se sont engagées à fournir de la capacité aux fournisseurs de services sur une base équitable et neutre, favorisant ainsi une saine concurrence sur les marchés locaux.
Charles Kossonou, à Dakar



































