La Police nationale du Sénégal a dévoilé, le 12 février à Dakar, un outil inédit : la Plateforme de Signalement des Infractions Cybercriminelles (PSIC). Un guichet numérique dédiée au signalement des infractions liées à la cybercriminalité.
Un guichet numérique pour signaler les délits en ligne
L’annonce a été faite lors d’une cérémonie à la Direction de la formation, en présence du commissaire divisionnaire Moustapha Diouf, directeur adjoint de la police judiciaire. Selon les informations rapportées par Le Dakarois, cette plateforme est conçue et gérée par la Division Spéciale de Lutte contre la Cybercriminalité (DSLC).
Elle permet aux citoyens de transmettre en ligne, de manière sécurisée, des signalements concernant des vols de téléphones, des escroqueries numériques, des usurpations d’identité ou toute autre infraction commise dans l’espace digital. Les utilisateurs peuvent choisir de rester anonymes ou de s’identifier, et suivre l’évolution de leur dossier.
Une plateforme numérique, mais une plainte toujours en présentiel
Le commissaire Diouf a insisté sur la nécessité d’adapter les forces de sécurité aux réalités d’un monde où les délits migrent vers les écrans. « Les criminels ne se contentent plus de la rue, ils investissent les réseaux », a-t-il déclaré, soulignant que la police doit désormais être aussi réactive dans le cyberespace que sur le terrain.
Toutefois, le signalement en ligne ne remplace pas la plainte officielle. Pour engager une procédure judiciaire, il reste obligatoire de se rendre physiquement à la DSLC. La plateforme se veut donc un outil de proximité, un canal de communication directe entre citoyens et forces de l’ordre, destiné à accélérer la détection et la prise en charge des cas.
Vers une justice sénégalaise totalement digitalisée ?
Somme toute, la nouveauté est réelle, mais elle s’arrête à mi-chemin. On peut désormais alerter la police depuis son téléphone ou son ordinateur, mais pour que l’affaire devienne une plainte en bonne et due forme, il faut encore passer par le bureau et le guichet.
En clair, le Sénégal modernise la porte d’entrée, mais garde la clé du processus judiciaire dans ses mains. Le pays donne donc aux citoyens un outil rapide pour signaler, tout en maintenant la procédure officielle dans le cadre traditionnel. La question est simple : les Sénégalais utiliseront-ils ce nouvel outil, sachant que la justice, elle, continue de s’écrire sur papier ?



































