Starlink est un service d’Internet par satellite porté par SpaceX, une entreprise du milliardaire américain, Elon Musk. Depuis son arrivée au Sénégal le 04 février 2026, le gouvernement est confronté aux critiques d’une frange de la population et à une levée de boucliers des syndicalistes des opérateurs télécoms.
Ces derniers dénoncent une «opacité» dans l’attribution du marché et craignent pour la souveraineté numérique du pays. Face à la pression, le ministre de la Communication, des Télécommunications et du Numérique (MTCN), Alioune Sall, a tenu à apporter des clarifications, ce mardi 24 février, au cours d’un face-à-face entre les membres du gouvernement et les députés.
Starlink au Sénégal : une implantation réglementaire
Le ministre Alioune Sall assure que l’implantation de Starlink obéit aux lois nationales, aux impératifs de souveraineté, et aux conditionnalités des Fournisseurs d’Accès à Internet (FAI) opérant dans le pays. «Le dossier du nouvel opérateur Starlink a été examiné avec la même rigueur que celui des autres opérateurs (…). C’est une autorisation, ce n’est pas une licence», a-t-il précisé, en réponse à ceux qui l’accusent d’avoir «manigancé un marché léonin» dans le secteur des télécoms. Selon son explication, le dossier a donc été instruit sur la base des critères standards appliqués à tous les acteurs du secteur, qu’ils soient historiques ou nouveaux entrants.
Entre la sécurité des données et la souveraineté numérique
Face aux préoccupations légitimes concernant la sécurité des données et la souveraineté numérique, Alioune Sall s’est voulu aussi rassurant.
«Starlink dispose d’une autorisation valable pour cinq ans, mais son activité fera l’objet d’une évaluation annuelle pour s’assurer du respect des conditions et des engagements établis», a clarifié le ministre.
Ce mécanisme de contrôle, ajoute-t-il, se fera par l’Autorité de Régulation des Télécommunications et des Postes (ARTP) en partenariat avec la Commission de protection des données personnelles (CDP).
Le Sénégal veut tirer le meilleur parti de Starlink
En poursuivant son explication, Alioune Sall a assuré que l’arrivée de Starlink génère des «retombées économiques et sociales majeures» pour le Sénégal. Déjà, jusqu’en 2030 (date marquant la fin du contrat), l’autorisation permettra au pays de bénéficier de «64 milliards FCFA sur une économie d’échelle». Au-delà de ce chiffre, au moins un million de couches sociales défavorisées auront accès à internet.
Présent à l’hémicycle, le Premier ministre Ousmane Sonko, de son côté, a assuré que le Sénégal compte maximiser sur Starlink. «Nous portons, par exemple, le projet du « dossier unique » du patient, qui constitue une réforme majeure pour le système de santé. Toutefois, sa réussite nécessite une connectivité fiable et de quantité», a dit-il, en référence à la capacité de Starlink à couvrir les zones desservies.
Le Sénégal compte également se servir de Starlink pour lutter contre la Cybercriminalité, qui constitue «une préoccupation mondiale», selon Ousmane Sonko. «Notre stratégie de riposte ne sera pas détaillée ici, car dévoiler les contours pourrait fragiliser l’action de l’Etat», a-t-il prévenu.
Les chiffres sur l’accessibilité au réseau internet au Sénégal sont alarmants. «Près de sept millions de Sénégalais n’ont toujours pas accès à internet. Plus de 500 zones blanches sont recensées à travers le pays, des localités qui n’ont jamais été couvertes par le réseau. A cela s’ajoutent 1.000 localités où la connexion reste faible ou instable», selon le ministre, lors de son face-à-face.
Charles Kossonou, à Dakar



































