L’Office National de l’État Civil et de l’Identification (ONECI) et UBA Côte d’Ivoire ont signé un partenariat qui pourrait changer la manière dont les banques sécurisent leurs opérations. C’était ce 11 décembre 2025, l’accord permet à la Banque UBA d’accéder directement au Registre National des Personnes Physiques (RNPP) de l’État Civil. Une base de données centrale des citoyens pour identifier ses clients en temps réel.
Dans la pratique, la banque pourra vérifier en temps réel l’identité numérique de ses clients. Ce qui réduirait donc considérablement les risques de fraude et renforcerait la confiance dans ses services.
Régulation stricte et confiance numérique : défi pour les banques ivoiriennes
Depuis plusieurs années, les autorités financières imposent aux banques des règles strictes pour mieux connaître leurs clients. Dans la fintech, c’est ce qu’on appelle le KYC (Know Your Customer). Un procédure de sécurité et de traçabilité qui vise à lutter contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme, mais elles représentent aussi un défi pour les institutions financières qui doivent trouver des moyens fiables et rapides d’authentifier leurs clients.
Un tournant majeur qui renforce la sécurité des opérations
Pour UBA Côte d’Ivoire, cet accord représente un jalon essentiel dans sa transformation digitale. En s’appuyant sur l’ONECI, la banque bénéficie désormais d’un outil officiel et fiable pour vérifier l’identité de ses clients en temps réel.
Pour Tony Odeigah, Directeur Général de UBA Côte d’Ivoire, il s’agit d’un tournant majeur qui renforce la sécurité des opérations et la confiance des usagers.
« Notre but est de sécuriser nos transactions. Avec ce partenariat, nous avons trouvé auprès de l’ONECI une garantie solide. Nous pouvons désormais affirmer sans ambages que nos opérations sont sécurisées », a-t-il exprimé.
L’identité numérique, un socle de confiance pour la transformation digitale ivoirienne
Du côté de l’ONECI, la signature de cet accord illustre la volonté de l’institution de mettre l’identité numérique au service des citoyens. Ago Christian Kodia, son Directeur Général, insiste sur la dimension sociale de cette innovation :
« La sécurisation des données personnelles est au cœur de notre action. Le système que nous mettons en place respecte les normes nationales de protection de la vie privée, les meilleures pratiques internationales, ainsi que les principes d’intégrité et de fiabilité des données utilisées par nos partenaires. Nous protégeons la dignité numérique de chaque citoyen », a-t-il affirmé.
Au-delà de la banque, l’ONECI se positionne comme un acteur central de la transformation digitale du pays. En ouvrant son registre aux institutions financières, elle montre que l’identité numérique peut devenir un socle de confiance pour l’ensemble des services numériques.
L’identité numérique un impératif pour compétitivité dans la fintech
Dans un marché bancaire de plus en plus concurrentiel, la capacité à garantir la sécurité des transactions financière dans le cyberespace est un atout majeur. Les clients veulent des services rapides, accessibles en ligne, mais surtout fiables. L’intégration de l’identité numérique permet aux banques de réduire les délais d’ouverture de compte, de simplifier les procédures et de rassurer les usagers. Ce partenariat pourrait aussi inspirer d’autres institutions financières. L’ONECI a déjà annoncé son ouverture à l’ensemble des banques et acteurs du secteur. Si cette dynamique se confirme, l’identité numérique pourrait rapidement devenir une norme incontournable dans la finance ivoirienne.
L’identité numérique, futur passeport pour l’écosystème digital ivoirien
L’accord entre l’ONECI et UBA Côte d’Ivoire dépasse le cadre strict de la banque. Il pose les bases d’un écosystème numérique où l’identité devient le point d’entrée vers des services variés : administration en ligne, santé, éducation, commerce électronique. En garantissant la fiabilité des données, l’ONECI offre aux citoyens une protection essentielle dans un monde où la digitalisation avance à grands pas.
Outre cet aspect, ce partenariat vient donner une portée concrète à l’instruction n°001-03-2025 du 18 mars 2025 de la BCEAO, qui établit le cadre relatif à l’identification du consommateur de services financiers. En effet, cette instruction renforce les exigences de lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et la prolifération des armes de destruction massive, en précisant les modalités de mise en œuvre, par les institutions financières (banques, établissements de paiement, Fintechs, etc.), de leurs obligations en matière d’organisation, de contrôle interne et de conformité. Ce dispositif contribue directement à la fiabilité de l’identification des clients et, par ricochet, soutient l’interopérabilité au sein des systèmes de paiement.




































